Antananarivo, 13 Décembre, 6h15 – Une part non négligeable. “Les gens ont tendance à penser que les entreprises malgaches ne gagnent généralement pas de marchés. La réalité est que 45% du montant du portefeuille des marchés de la Banque mondiale à Madagascar leur étaient attribuées”. Sidy Diop, spécialiste de passation de marchés de cette institution de Bretton Woods, fait le point sur la participation des entreprises locales aux marchés publics de la Banque mondiale, jeudi.
Afin d’accroître cette participation des opérateurs locaux, la Banque mondiale, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA), a organisé un forum sur les marchés publics destiné au secteur privé. Il s’agissait pour ceux qui y ont participé d’échanger sur les nombreuses thématiques liées à l’accès aux marchés publics financés par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD).
Beaucoup de facteurs limitent encore l’accès des entreprises malgaches à ces marchés, expose le président de la CCIA, Gil Razafintsalama. Il parle des procédures qui sont non seulement méconnues mais également lourdes. “Nous devons travailler sur la manière d’alléger ces procédures”, avance-t-il. Gil Razafintsalama fait par ailleurs remarquer l’importance pour une entreprise de disposer des ressources administratives nécessaires. “Car sans ces ressources, elle ne pourra pas répondre convenablement à l’appel d’offres, même en ayant les ressources techniques”, explique-t-il.
Le président de la CCIA insiste également sur la notion de confiance. Il évoque notamment le mécontentement des opérateurs privés face au retard de paiements de leurs prestations ou des travaux qu’ils ont déjà achevés. “Il faudra ainsi les rassurer et les aider dans les procédures afin que les paiements ne prennent pas trop de temps”, lance-t-il. Et Gil Razafintsalama soulève la corruption qui, d’après ses explications, nourrit les inquiétudes des entreprises locales par rapport aux appels d’offres publics.
Lever les barrières d’accès à l’information est ainsi important, selon Sidy Diop. La Banque mondiale a déjà développé un portail où toutes les opportunités et les appels d’offres sont consultables en temps réels et en un clic. La publication en large diffusion des avis d’appels d’offres et d’opportunités d’affaires dans les journaux est également obligatoire, rappelle-t-il.
Concernant les entreprises qui ne disposent pas du chiffre d’affaires demandé ou des qualifications requises, ce spécialiste de passation de marchés explique que celles-ci pourraient se repositionner en groupement ou en sous-traitant. Elles peuvent également travailler à développer leurs capacités. “Le problème de capacité demeure certes un frein à l’accès aux marchés. Mais cette capacité se construit dans le temps, au fur et à mesure que l’entreprise évolue”, lance-t-il.














