Et si la terre n’était plus une barrière administrative mais un levier financier ? C’est le changement de paradigme qui avait émergé de la conférence sur la transversalité du secteur foncier, organisée ce mercredi par la direction des services fonciers. Les acteurs, tant publics que privés, ayant participé à cette rencontre, ont été unanimes sur le fait que la sécurisation foncière constitue le verrou stratégique qu’il faut débloquer pour transformer le potentiel malgache en croissance réelle.
La problématique foncière est un des paramètres qui doivent être pris en considération pour tout opérateur envisageant d’investir dans le développement agricole, d’après ce qu’avait avancé le secrétaire exécutif de la Plateforme nationale riz, Masezamana Ny Hasinambinintsoa. Et la sécurisation des droits réels immobiliers revêt une importance stratégique, particulièrement pour la filière rizicole, a-t-il soutenu.
Stabilité du statut juridique
Ce spécialiste expose par exemple que deux leviers permettent d’accroître les rendements, en matière de production. Il parle d’une part de l’intensification culturale sur les parcelles existantes, par le biais de l’optimisation des intrants et l’adoption de techniques agricoles innovantes. Et d’autre part, l’extension des surfaces exploitées, qui nécessite impérativement une consolidation des droits de propriété ou de jouissance.
Danil Ismaël, président directeur général du groupe Inviso, adhère à cette réflexion en soutenant la complexité des investissements en l’absence de titre foncier. “Tout investisseur privé exige, au préalable, une sécurisation foncière pérenne du périmètre dédié à son projet”, insiste-t-il, en martelant que “la stabilité du statut juridique des terres est le gage de la sécurité des investissements”. Une collaboration étroite entre les services fonciers et le ministère de l’Agriculture et de l’élevage s’avère donc essentielle.
Processus de numérisation
Le taux de dématérialisation des données et informations foncières s’établit à 30 % à l’heure actuelle, indique le directeur général des Services fonciers, Vonjy Razafindratsimba. Il estime que les contraintes opérationnelles rencontrées par les investisseurs et l’ensemble des secteurs usagers du foncier devraient être levées, une fois ce processus de numérisation finalisé. Le ministère de tutelle s’attache, par ailleurs, à assurer un accompagnement personnalisé auprès de chaque investisseur, afin de leur fournir l’intégralité des données nécessaires à la sécurisation de leurs engagements financiers.














