Antananarivo, 22 Juin, 6h15 – Une grosse ardoise à effacer. L’Etat indique qu’il n’aura plus à régler les 77 millions de dollars que la société Rio Tinto lui avait avancés pour les deux recapitalisations de la compagnie QMM entrepris en 2012 et en 2015, lui permettant de rester un actionnaire dans ce projet minier. Les négociations dans le cadre du renouvellement de la convention d’établissement de cette compagnie ont permis à l’Etat de se libérer de cette énorme dette, à en croire le compte rendu du Conseil des ministres de ce mercredi.
La compagnie QMM avait été contrainte de procéder à des recapitalisations en 2012 et 2015, compte tenu de ses difficultés financières à l’époque. Ces recapitalisations devaient engager chacun de ses actionnaires, dont la société Rio Tinto détenant 80% du capital et l’Etat avec ses 20%. La société Rio Tinto avait alors avancé la part de l’Etat qui n’avait pas les moyens financiers pour souscrire à ces recapitalisations. Ces avances ont constitué une dette de 77 millions de dollars que l’Etat devait rembourser à ce groupe minier multinational anglo-australien.
La nécessité d’une recapitalisation avant la fin de l’année 2019 avait également été annoncée l’administration minière vu l’état financier de QMM en 2016. Pour garder ses 20% de part d’actions dans cette compagnie, l’État devait apporter sa contribution financière, à hauteur de 16 millions de dollars, une somme dont l’État ne disposait pas et que Rio Tinto devait de nouveau lui avancer. Cette recapitalisation ne s’est cependant pas faite « puisque les bénéfices dégagés par QMM ont permis d’éviter cette procédure spécifique », avait annoncé Rio Tinto en juillet 2022. Si elle avait été effective, cette troisième recapitalisation aurait pu ramener la facture à 93 millions de dettes envers cette société.
Le Conseil des ministres indique avoir négocié et obtenu plusieurs points dans le cadre du renouvellement de la convention d’établissement de QMM. Celle-ci n’a « plus rien à avoir avec l’ancienne convention », indique le communiqué du Conseil des ministres de mercredi. Outre l’effacement de ses dettes, l’Etat a négocié que la société Rio Tinto QMM contribue davantage aux projets de développement de la région d’Anosy et efface même les dettes que lui doit la Jirama. Pour l’heure, la compagnie minière ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet « car des aspects essentiels doivent encore être adoptés par l’Assemblée nationale ».





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