Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye nomme lundi un banquier et ancien ministre pour diriger le gouvernement, trois jours après le limogeage de son Premier ministre et ancien compagnon de route Ousmane Sonko. Il s’agit d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, un ancien de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), présenté comme au fait des « arcanes économiques et financiers ».
Al Aminou Mohamed Lô a été secrétaire général dans le premier gouvernement formé par Diomaye Faye, au pouvoir depuis avril 2014, avant d’être nommé ministre. « Le Sénégal est un pays sûr et viable et entend le rester », indique dans sa première déclaration le successeur d’Ousmane Sonko, chef du gouvernement depuis avril 2024, limogé vendredi. « Il ne s’agit pas d’un changement de cap mais de méthode », ajoute-t-il, citant la droite et la transparence ainsi que « la souveraineté économique et culturelle » parmi les fondements de son action.
La nomination du nouveau Premier ministre a lieu alors que la situation financière du pays ouest-africain est plombée par son énorme dette, 132% du PIB, dont le traitement est un point de divergences entre le chef de l’Etat et son ex-chef de gouvernement. Le président Diomaye Faye souhaite discuter avec le Fonds monétaire international (FMI) d’un nouveau programme d’aide, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko vante lui une approche souverainiste.
Al Aminou Mohamed Lô est nommé à la veille de la réunion plénière de l’Assemblée nationale qui doit examiner mardi la « réintégration » au poste de député d’Ousmane Sonko. Elu lors des législatives de novembre 2024, celui-ci avait renoncé à son mandat pour rester chef de gouvernement. Dimanche, le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, un ses fidèles, a présenté sa démission, ouvrant la voie à l’élection au perchoir de l’ex-Premier ministre, leader du parti Pastef, fort de 130 députés sur 165.
Un « coup d’Etat institutionnel » est en préparation avec ce « forcing que la majorité veut imposer », dénonce lundi la cheffe des députés de la principale coalition de l’opposition, Aïssata Tall Sall, lors d’une conférence de presse. Les députés sont convoqués mardi à 9 heures (locales et GMT) afin de voter la « réintégration du député Ousmane Sonko » et d’élire le prochain président de l’Assemblée nationale, selon un document officiel publié dimanche soir.














