Antananarivo, 2 Juillet, 9h30 – “Retards bureaucratiques. Processus excessifs et redondants. Manque de systématisation de la collecte de données”. Autant de facteurs bloquants soulevés par les Etats-Unis par le biais du Bureau du représentant américain au commerce (USTR) au commerce et à l’investissement américains à Madagascar. Le Bureau en question expose ces obstacles dans le Rapport biennal sur la mise en œuvre de la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (Agoa), récemment publié.
L’USTR reconnaît les travaux entrepris par Madagascar dans la mise en place de certains mécanismes de soutien institutionnel et réglementaire pour promouvoir le commerce et l’investissement. Il souligne cependant que « dans la pratique, les retards bureaucratiques, les processus excessifs et redondants, le manque de systématisation de la collecte de données et de nombreux autres facteurs administratifs créent des obstacles au commerce et à l’investissement américains ».
Le Bureau du représentant américain au commerce mentionne également dans son rapport l’adoption par le Gouvernement malgache d’une nouvelle loi sur l’investissement en mai 2023 qui a clarifié les règles sur les investissements. Mais l’USTR souligne particulièrement la nouvelle disposition dans cette loi qui limite les travailleurs étrangers à 20% de la main-d’œuvre totale d’une entreprise à Madagascar.
Toujours dans les volets économie de marché, réforme économique et élimination des obstacles au commerce avec les Etats-Unis, le rapport met en exergue la volonté de Madagascar de faire de l’investissement dans les infrastructures, de l’amélioration du climat d’investissement et de l’augmentation des exportations comme étant les pièces maîtresses de sa stratégie de croissance.
L’USTR fait cependant remarquer qu’entre juin 2022 et juin 2024, le gouvernement a pris des mesures pour limiter la concurrence dans certains secteurs clés de l’économie. Ce Bureau américain parle notamment des nouvelles restrictions à l’exportation de vanille, le principal produit d’exportation de Madagascar. Ces dispositions ont, selon l’USTR, « provoqué un effondrement des ventes de vanille en 2023 ».
Pour ce Bureau, « les exportations de textile et d’habillement dans le cadre de l’Agoa constituent l’un des rares points positifs de l’économie, puisqu’elles fournissent de l’emploi à près de 60 000 personnes ». Les États-Unis sont d’ailleurs le plus grand marché d’exportation de Madagascar.
Un rapport sur les relations en matière de commerce et d’investissement entre les États-Unis et les pays d’Afrique subsaharienne doit être soumis au Congrès tous les deux ans. Cette fonction a été déléguée à l’USTR qui avait présenté ce rapport pour la dernière fois en juin 2022. Le rapport qui vient de sortir couvre la période entre le mois de juillet 2022 et le mois de juin 2024. Ce document fournit une description de l’état du commerce et de l’investissement entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, des changements dans l’éligibilité des pays aux avantages de l’Agoa, une analyse de la conformité des pays aux critères d’éligibilité de l’Agoa, un aperçu des efforts d’intégration régionale en Afrique subsaharienne, et un résumé des efforts de renforcement des capacités commerciales des États-Unis.
Par ailleurs, la législation de l’Agoa exige l’évaluation chaque année des pays qui peuvent bénéficier des avantages de ce texte. Ces décisions sont étayées par un examen annuel interagences, présidé par l’USTR. Cet examen vise à déterminer si chaque pays bénéficiaire continue de satisfaire aux critères d’éligibilité et si la situation des pays non-éligibles s’est suffisamment améliorée pour justifier leur désignation en tant que pays bénéficiaire. Dans ce récent rapport de l’USTR, Madagascar a le statut de pays « éligible ».














