La fiscalité pourrait constituer un levier direct pour améliorer l’accès aux produits avicoles pour le consommateur malgache. Cette accessibilité est toutefois sévèrement freinée par une charge fiscale, notamment la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20% sur les protéines animales qui, ajoutée aux coûts de production, rend les produits formels hors du pouvoir d’achat de la majorité. Une situation que Mira Rakotondrandria de l’Interprofession aviaire de Madagascar (IPA) a exposée devant les parlementaires de la Chambre basse, lundi.
Le sujet a été repris par le secteur industriel durant la 8ème table ronde économique avec l’Union européenne, mardi. L’enjeu va au-delà du prix, indique Anthony Rakotomahazo, administrateur du Syndicat des industries de Madagascar (SIM). Ce point touche aussi bien la formalisation, les normes sanitaires et l’exportation, explique-t-il.
Cet opérateur dans l’agroalimentaire indique, par exemple, que seuls trois abattoirs fournissent à Madagascar de la viande conforme aux normes d’hygiène et de salubrité. Et l’application de la TVA sur les produits formels crée un fossé de prix par rapport au marché informel, déplore ce membre du CA du SIM. « Et au final c’est le consommateur qui trinque », regrette-t-il. Et cette concurrence constitue un frein non seulement à l’investissement mais aussi à l’exportation, poursuit-il.
« Ce que nous souhaitons, c’est qu’il y ait une réforme sur la façon de prélever l’impôt sur des secteurs qui sont prioritaires à la fois pour la santé humaine, et aussi pour les industries stratégiques comme l’agroalimentaire », lance Anthony Rakotomahazo. « Nous ne nous attendons pas à des préférences, mais une meilleure façon de prélever l’impôt sur la filière de la grande consommation de protéines animales », a-t-il avancé.
Mira Rakotondrandria de l’IPA a été plus directe. « Nous demandons la suppression de cette TVA pour que les Malgaches puissent manger plus de ces protéines animales. C’est une disposition qui bénéficiera aux consommateurs, mais qui va aussi valoriser les produits de l’élevage », avance-t-elle. Mira Rakotondrandria n’a d’ailleurs pas manqué d’exposer la gravité de la sous-consommation chronique de protéines animales à Madagascar, qui est loin des standards de santé.
A Madagascar, la consommation de viande se situe entre 2 et 5 kg par personne et par an. Pour la viande de poulet en particulier, la consommation est de 2 kg par an. Celle des œufs n’atteint que 20 unités par an et par personne, là où l’OMS recommande l’équivalent d’un œuf par jour. La consommation de produits laitiers n’est pour sa part que de 5 kg par an et par personne, contre 200 kg en France.














