Antananarivo, 27 Mai, 7h40 – “Tous les élus peuvent participer à la campagne électorale, ce n’est pas interdit par la loi”. A Toamasina, samedi, le président de la République Andry Rajoelina a assuré avoir le droit de participer à la campagne électorale, étant une personnalité élue et non désignée en Conseil des ministres. Parmi ces élus, il cite “les maires, qui peuvent faire campagne, les députés qui peuvent faire campagne, les sénateurs qui peuvent faire campagne, et le président de la République qui n’est pas nommé en Conseil des ministres mais élu par la population”. Il défend ainsi ses tournées présidentielles organisées en pleine campagne électorale.
Pour Andry Rajoelina, les hauts responsables évoqués par la Constitution comme ne pouvant pas participer à la campagne électorale sont “ceux qui sont nommés en Conseil des ministres”. Il cite, entre autres, “les directeurs régionaux, les différents directeurs, les chefs de district, les préfets, les gouverneurs”. “Ce sont les employés de l’Etat qui ne peuvent pas participer à la campagne électorale”, poursuit-il dans la partie du discours diffusé par la chaîne de télévision publique, alors qu’il a indiqué boucler ses tournées en province. “Je ne peux pas me taire. Beaucoup ont peur de la concurrence et sortent des lois selon leur propre lecture”, insiste-t-il avant de donner ses propres interprétations des textes.
La semaine dernière, la plateforme Firaisankina avait dénoncé les déplacements présidentiels au cours desquels “le président de la République effectue des inaugurations et fait des déclarations en faveur des candidats qu’ils présentent”, ainsi que l’avait martelé l’ancien président Marc Ravalomanana. Le patron de Tiako i Madagasikara (TIM), membre de la plateforme, avait dénoncé que “les dirigeants utilisent les ressources administratives pour faire la campagne de ses candidats”. Il avait alors souligné “condamner totalement cette violation des lois par les autorités dans le cadre du processus électoral”.
Dans son communiqué du 8 mai, la Haute cour constitutionnelle (HCC) avait rappelé les différentes dispositions légales sur la neutralité de l’administration. Elle rappelle, entre autres, dans ce document que “la présence des chefs d’institution, en particulier, des membres du Gouvernement et de l’ensemble de fonctionnaires d’autorité dans une campagne électorale, de manière active ou passive, constitue un manquement à l’obligation de neutralité”. Elle souligne également que “aucune annonce majeure liée à, ou visant à créer une perception favorable envers un parti politique, un candidat ou une liste de candidats ne doit être faite par l’Administration de l’Etat ou des collectivités territoriales décentralisées pendant la période de la campagne électorale”. Par ailleurs, selon l’article 39 de la Constitution, il revient à l’Etat de “garantir la neutralité politique de l’administration, des Forces armées, de la Justice, de la Police, de l’Enseignement et de l’Education”.
Interrogé sur le sujet, Soava Andriamarotafika, rapporteur général de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) indique que la question sur les inaugurations avait été évoquée durant une réunion avec les délégués des candidats auprès de la Ceni, il y a dix jours. A l’entendre, l’organe de gestion des élections avait alors rappelé aux délégués des candidats d’interpeller leurs partisans et ceux qui les soutiennent que “comme précisé dans la loi, toute inauguration officielle est interdite pendant la durée de la campagne électorale. Ne pas respecter cette loi ne fait que ternir l’image du candidat auprès du public”.
Photo : Présidence de la République














