Antananarivo, 7 Décembre, 9h45 – Une priorité. C’est ainsi qu’Alvario Lario définit sa visite à Madagascar pour constater de visu l’avancement des projets appuyés par le Fonds international pour le développement de l’agriculture (Fida) dans la Grande île. Le nouveau président de cette agence des Nations unies dédiée au développement rural a choisi exprès Madagascar, « un des pays les plus en proie au changement climatique » pour son premier voyage officiel à l’étranger. « Je suis heureux d’être à Madagascar, c’est un choix d’être dans la Grande île qui fait face au défi du changement climatique et de la sécheresse », indique-t-il lundi entre deux visites de site. « Il fallait que je vois cela de mes propres yeux », ajoute-t-il.
Selon Alvario Lario, l’objectif du Fida à Madagascar et en Afrique est l’autosuffisance alimentaire. Une notion devenue importante au vu du changement climatique et de nombreuses crises qui impactent les projets d’aide. « Les défis sont différents aux quatres coins de l’Afrique mais ce qu’il y a en commun c’est qu’il faut augmenter la production locale, faire en sorte que les pays soient autosuffisant et n’aient pas besoin d’importer », précise-t-il. Un des autres objectifs est « la lutte contre le changement climatique notamment la gestion des ressources en eau dans les pays concernés mais aussi et surtout la transformation des systèmes alimentaires. »
Durant son premier jour en terre malgache, Alvario Lario a visité plusieurs sites des projets de la FIDA entre la région Androy et Anosy. Une visite durant laquelle, il a rencontré les acteurs des différents projets et surtout les bénéficiaires. La visite a débuté à Maroalimainty, une des communes où a été installée une unité de production de gari, farine de manioc, dans le cadre du programme de Développement des filières inclusives (Défi) appuyé par le Fida. Sur place, une coopérative de 25 personnes dont des femmes et des jeunes produisent ce supplément alimentaire à base de manioc afin de subvenir à leurs besoins mais aussi dans le but de les revendre.
Le président du FIDA a aussi rencontré des jeunes bénéficiaires du projet Formaprod, un projet d’appui à l’entrepreneuriat rural à Ankirikirika dans le district d’Amboasary Sud. Entre-temps, la délégation a visité les blocs agro-écologiques de Sampoina dans la région Anosy. Des dizaines d’hectares de de terrains où ont été appliquées des types d’agricultures adaptés aux changements climatiques. Les bénéficiaires ont pu cultiver divers types de denrée alimentaire malgré le climat caractérisé par les vents forts et ces derniers temps par le Tiomena, des tempêtes de poussière de plus en plus fréquentes favorisées par l’avancée de la sécheresse. « Il est important de transformer les économies rurales et de renforcer la résilience au changement climatique », soutient Alavario Lario. « J’ai constaté qu’il y a vraiment du potentiel pour augmenter la production locale mais aussi pour relever les nombreux défis comme la sécheresse et pour creer de l’emploi dans les zones rurales », poursuit-il.
Durant sa visite le président du Fida a été accompagné par Harifidy Ramilison, ministre de l’agriculture et de l’élevage. Sa visite du président de la FIDA s’est poursuivie mardi avec la visite de divers projets à Analamanga. Alvario Lario rencontre le président de la République Andry Rajoelina ce mercredi.
Le Fida, actuellement, c’est quatre grands projets en cours dans tout Madagascar. Durant ses 49 ans de présence dans la Grande île, l’agence a diligenté 18 projets pour un coût total de 964 millions de dollars. Près d’un million de ménage ont été impacté par les différents projets.














