Antananarivo, 11 Juillet, 12h08 – Une société sous perfusion. Les transferts prévus par l’Etat pour la Jirama s’élèvent à 722 milliards d’ariary pour l’année 2023. Et l’Etat entend se limiter à cet appui, quitte à ajuster la production pour rester dans cette enveloppe, exposent les autorités dans le Mémorandum de politique économique et financière (MPEF) qu’elles ont préparé dans le cadre de la quatrième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC) avec le Fonds monétaire international (FMI).
L’Etat n’a initialement prévu que 300 milliards d’ariary de subvention opérationnelle pour la Jirama pour cette année. Or, les demandes de carburant pour approvisionner ses centrales thermiques ont déjà atteint environ 258 milliards d’ariary à la fin du mois d’avril 2023. La nécessité de stopper l’accumulation des arriérés de la Jirama et d’assurer la continuité de ses opérations en 2023 requiert une augmentation de 422 milliards d’ariary de l’enveloppe des transferts, indiquent les autorités.
Celles-ci ont avisé le FMI de leurs intentions de couvrir tout besoin de financement supplémentaire en réaffectant les dépenses ou en augmentant ses recettes afin de respecter le critère de solde primaire intérieur convenu. Elles se sont notamment engagées à veiller à ce que toute réaffectation éventuelle des dépenses pour la Jirama ne réduise pas les transferts aux institutions sociales et aux ministères.
L’Etat s’est alors engagé à fournir au service du FMI des rapports mensuels sur les recettes et les coûts de la Jirama et à publier systématiquement les résultats de tous les appels d’offres pour l’achat de carburant. Les autorités se sont également engagées à informer la Banque mondiale ainsi que le FMI des détails de tout paiement à la Jirama ou à ses fournisseurs.
Pour renforcer la transparence et la responsabilité, les états financiers de la Jirama pour les trois dernières années de 2020 à 2022 devaient être publiés en ligne avant la fin du mois de juin. Ce document avait été publié par le ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH). Il est rapporté dans l’extrait des comptes annuels de la compagnie nationale que pour l’exercice clos au 31 décembre 2022, le total de ses passifs s’élevait à 3 353 milliards d’ariary, s’il se situait encore à 2 945 milliards d’ariary vers la fin de l’année 2021.
Toujours dans cette optique de responsabilisation de la Jirama, le gouvernement avait émis des Bons du trésor spéciaux pour payer ses arriérés de 2022. Cet appui est sous forme de prêt, formalisé par la signature d’une convention entre les deux parties. Il est ainsi censé ne pas affecter le déficit budgétaire. La capacité de la Jirama à rembourser cette dette à court terme rend les parties sceptiques et elles ont finalement reclassé le prêt comme un transfert qui a contribué à creuser le déficit de 2022, indique le rapport de la quatrième revue sur la FEC.














