L’administration pénitentiaire malgache multiplie ses efforts pour lutter contre la malnutrition dans les prisons. Pourtant, en dépit de ces efforts, il arrive que la nourriture vienne à manquer à cause de la surpopulation carcérale. Pour y remédier, l’Etat mise sur les camps pénaux pour des cultures nourricières et rend les prisons autonomes en termes d’approvisionnement. Des activités sont ainsi initiées dans ce sens afin de garantir un repas quotidien pour les détenus, a confié Arsène Ralisaona, directeur général de l’Administration pénitentiaire.
Quel est le rôle des camps pénaux ?
“Les camps pénaux servent à l’éducation des détenus. Éduquer car les détenus ne sont pas seulement nourris et soignés mais on fait aussi tous les efforts pour les réinsérer dans la société. Donc les camps pénaux servent à les préparer grâce aux travaux qu’on leur donne au niveau de ces centres. Il y a une deuxième raison dans l’instauration de ces camps, c’est pour faire face aux problèmes d’approvisionnement en nourriture dans les prisons. Il existe bien de la nourriture fournie par l’Etat au niveau de chaque prison mais parfois il y a plus de détenus que prévu qui y sont incarcérés. C’est ce qu’on appelle la surpopulation carcérale. Il y a plus de détenus que ce que la prison peut accueillir. À cause de cela, il y a insuffisance d’intrants. Ce n’est pas non plus à longueur d’année mais seulement lorsqu’il y a trop de monde. Et pour faire face à cela, une politique de l’Etat consiste à produire au niveau des camps pénaux.”
Actuellement, combien de camps pénaux existe-t-il à Madagascar et quelle est leur capacité de production ?
“Il faut préciser qu’il y en a beaucoup dans chaque direction régionale. Il existe 22 directions régionales de l’administration pénitentiaire. Chacune d’entre elles compte au moins deux camps pénaux. Cette année on a fait un effort particulier dans neuf camps pénaux de quelques régions que nous estimons être capables de produire plus que les autres camps. Il faut préciser que l’état du sol n’est pas le même dans tout Madagascar. Dans le Sud c’est plus aride, des camps y sont ouverts mais ils ne produiront pas autant que ceux des régions moins arides tel qu’à Vatomandry où il pleut un peu plus. C’est la raison pour laquelle on a choisi ces camps qu’on suppose être plus aptes à produire et où on obtiendra plus de récoltes qu’ailleurs afin d’améliorer l’alimentation au sein des prisons.
Qu’en est-il des détenus décédés pour cause de malnutrition à Mananjary ? L’Etat garantit-il effectivement l’alimentation des détenus ?
“Il y a effectivement eu des décès pour cause de malnutrition. Je précise que c’était des détenus récents. Et c’est pour cela qu’ils ont été atteints de malnutrition car avant leur incarcération, ils étaient déjà victimes de malnutrition. Ils venaient de l’Atsimo Atsinanana où il y a une réelle situation de malnutrition. Lorsqu’ils ont été incarcérés, ils étaient déjà malnutris. Mais en tout cas le ministère ne reste pas les bras croisés. De la nourriture est distribuée. L’Etat nourrit et il y a de la nourriture offerte par l’Etat. Il y a également des soins mais face à la situation il y a une mobilisation avec les partenaires publics et privés car beaucoup d’aides alimentaires sont déjà arrivées à Mananjary depuis déjà deux semaines.
Y a-t-il beaucoup d’entités privées qui aident l’administration pénitentiaire en termes d’alimentation des détenus ?
“Il y a réellement beaucoup de coopération avec les partenaires privés tels que les ONG. En général ils s’attellent dans des activités d’ordre religieux car les détenus sont aussi éduqués spirituellement et il y en a également qui offrent des appuis spirituels et nutritionnels après les cultes qu’ils dirigent. Ils sont très nombreux et on les remercie pour ces soutiens dans l’alimentation des détenus et de leurs compatriotes”.
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