Antananarivo, 27 Novembre, 15h45 – Mendrika Ratsima prend part à une nouvelle exposition à l’international. L’artiste visuelle malgache présente à partir du 27 novembre 2025 sa nouvelle exposition « Les Dieux que nous portons » au World Culture Festival de Karachi, au Pakistan. Ayant été invitée par l’ambassade du Pakistan, Mendrika Ratsima occupe une place de choix dans ce rendez-vous international qui se tient depuis le 30 octobre jusqu’au 7 décembre. La plasticienne bien connue de la scène artistique malgache s’affirme ainsi une nouvelle fois dans une pratique artistique dépassant résolument les frontières tout en s’enracinant dans le coeur de l’île Rouge
Intitulée « Les Dieux que nous portons », l’exposition réunit 17 œuvres issues d’un travail né, selon l’artiste, “de la vibration lourde qui traverse [son] pays”. Inspirée par les photographies de Rijasolo, elle y tisse des paysages mentaux où se croisent paysage onirique, sacralité et mémoire, en portant une réflexion profonde sur la dignité malgache et la force du peuple malgache à l’œuvre dans leur quotidien. Montage photo, peinture, photojournalisme, collage, Mendrika Ratsima embrasse diverses techniques dans ses oeuvres où la mélancolie, la résistance et la résilience parlent de ces « Dieux que nous portons ».
Dans sa série, Mendrika Ratsima s’adonne avec délectation à une symbolique de l’illumination. Dans un poème écrit sur l’une des œuvres, tout est dit. « Est-ce l’univers qui s’effondre? Ou est-il l’aveugle d’hier, qui vois enfin? ». Un questionnement en résonnance avec la conjoncture politique du pays et qui les dépasse pourtant. Les portraits en noir et blanc ou en sépia, ancrés dans le réel, dialoguent avec des interventions colorées, halos, astres, énergies, qui les élèvent vers un espace spirituel. Chaque geste ordinaire devient rituel, chaque posture une invocation. Fidèle à sa démarche mêlant figuration symbolique et poésie visuelle, Mendrika Ratsima poursuit ici son exploration des identités, des émotions et de la transformation.
Interrogée sur l’ouverture de l’exposition, Mendrika Ratsima confie qu’il s’agit d’une “nouvelle aventure qui [lui] permet de montrer [son] art sur un autre continent, dans un festival qui réunit des artistes du monde entier”. “Je suis fière de représenter mon pays, même avec toutes ses imperfections”, ajoute-t-elle. Avec Les Dieux que nous portons, elle célèbre la force intérieure, les héritages invisibles et la spiritualité intime que chacun porte en soi, inscrivant son geste artistique dans un dialogue global où Madagascar trouve une place dans un monde plus large.
Mendrika Ratsima, dont le travail s’est imposé depuis sa première exposition personnelle « La Fabrique du Genre » en 2019, est une voix singulière dans la création contemporaine malgache. N’ayant eu de cesse de créer, ayant exposé deux fois à Paris, et à présent à l’Arts Concil du Pakistan, elle est la preuve du dynamisme de l’art contemporain malgache porté par de jeunes artistes qui réinventent au jour le jour l’identité d’une île en devenir.














