Antananarivo, 12 Décembre, 17h45 – Une bonne nouvelle pour les communautés locales. Madagascar a conclu officiellement la vente de crédits carbones issus des activités de conservation du parc national de Makira. La cérémonie de signature du contrat de commercialisation, de l’accord d’achat de réductions d’émissions s’est tenue ce mardi au ministère de l’environnement et du développement durable (MEDD) à Antsahavola.
En tout ce sont 300.000 crédits carbones qui ont été vendus pour la somme de 1,5 millions de dollars à Rio Tinto. La compagnie minière avait annoncé lors de la COP29 à Baku, en Azerbaïdjan un engagement de 16 millions de dollars en faveur du parc naturel de Makira dont des achats de crédit carbone.
“C’est un dossier en cours depuis six ans”, précise Max Fontaine Andonirina, ministre de l’Environnement et du développement durable. “Comme il y a eu un changement de cadre légal, aujourd’hui nous avons le décret de régulation de l’accès au marché de carbone forestier pour régulariser les crédits carbones”, ajoute-t-il. “La, c’est le premier contrat pour 1,5 millions de dollars d’achat de crédit carbone soit 300.000 crédits carbones sur les 2.353.000 que nous avons donc il nous reste 2 millions potentiels à vendre” précise le ministre.
D’après le ministre, la moitié de l’argent ira directement aux communautés locales qui contribuent à la conservation du parc national de Makira. “Ils pourront l’utiliser pour faire des activités génératrices de revenus, de l’agriculture, de la pisciculture ou pour soutenir les écoles. Ce sera à la communauté de décider que faire de cet argent. Il faut respecter le désir de ces communautés”, indique le ministre.
20 % de l’argent ira pour sa part à la gouvernance du Bureau National des Changements Climatiques et de la REDD+ (BNCCREDD+) au sein du MEDD qui effectue des activités de suivis et de contrôle sur le terrain et qui s’assure que les communautés bénéficient de ce contrat. 5% du fond ira au budget général de l’Etat et servira aux activités de monitoring, de surveillance de la forêt, des équipes techniques du Wildlife Conservation Society (WCS) et du MEDD.
Le Parc Naturel de Makira, couvrant 372 470 hectares de forêt primaire dense dans le Nord Est de Madagascar est l’une des plus vastes forêts tropicales de l’île. Plus de 90 000 personnes vivent dans 120 villages qui dépendent directement du parc. Sa conservation est gérée par l’ONG américaine Wildlife Conservation Society (WCS) depuis 2012.
Pour le MEDD et le WCS, cette réussite marque l’histoire et est une étape pour montrer que Madagascar est pleinement dans le mécanisme de financement durable pour protéger sa biodiversité et pour pallier le manque de moyen pour cela. “Nous avons pu prouver qu’il est possible de financer d’une manière durable les aires protégées, les forêts et de créer des retombées réelles sur la subsistance et le développement des communautés dans la conservation de la biodiversité tels que ce qui se passe à Makira”, indique Lovy Rasolofomanana, directeur pays de WCS.
Il faut le rappeler, le projet REDD+ ou Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement du Parc Naturel de Makira est le plus ancien projet validé au monde par les standards internationaux Verified Carbon Standard (VCS) et Climate, Community and Biodiversity Standards (CCBs). Ce projet a permis de produire 1,8 million de tonnes de crédits carbone entre 2005 et 2013 qui est aujourd’hui mis sur le marché. Ceux produits entre 2014 et mars 2020 seront également évalués.














