Antananarivo, 26 Octobre, 9h55 – L’endettement des entreprises à participation majoritaire de l’Etat frôle la barre des 6.000 milliards d’ariary. 23 sociétés commerciales détenues à plus de 50% par l’Etat devront régler 5.952 milliards d’ariary, d’après le registre de leurs passifs au mois d’avril de cette année, présenté par le ministère de l’Economie et des finances (MEF) sur son site officiel.
Plus de la moitié de cette somme concerne la Jirama. La compagnie nationale d’eau et d’électricité, détenue à 100% par l’Etat se place en haut du classement des entreprises les plus endettées, avec 3.317 milliards de passif. Ce montant est composé de 1.311 milliards d’ariary de passif courant, c’est-à-dire des dettes qu’elle doit payer dans un cycle d’exploitation courant qui est habituellement moins de 12 mois, et de 2.005 milliards d’ariary de passif non courant, regroupant les sommes que cette société aura à payer au cours des prochaines années.
Vient ensuite la Société malgache de transport aérien « Air Madagascar », détenue à 55,88% par l’Etat, avec ses 723 milliards d’ariary de passif. A la troisième place se trouve la Société du port à gestion autonome de Toamasina (SPAT), avec un capital 100% à l’Etat, qui devrait régler 585 milliards d’ariary.
L’Assurances et réassurance omnibranches (Aro) détenue à 73,3% par l’Etat qui a 415 milliards d’ariary à régler se classe quatrième des sociétés d’Etat les plus endettées. La Caisse d’épargne de Madagascar est dans le top 5, avec ses 411 milliards d’ariary de passif.
Les passifs de la Jirama et d’Air Madagascar constituent ainsi « un risque budgétaire majeur », d’après le Plan stratégique de modernisation de la gestion des finances publiques (FSMFP) présenté vers le milieu de ce mois d’octobre. Ce document soutient que le plan d’entreprise d’Air Madagascar et le plan de développement 2025 de la Jirama, tous deux suivis dans le cadre du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC) avec le Fonds monétaire international (FMI) permettent de les atténuer. Mais ces risques demeurent toutefois élevés à court et à moyen terme, selon le PSMFP.
Dans ce récent document du MEF, il est indiqué que la révision des statuts de la Jirama est en cours et qu’un premier projet a été émis par le Service de participation financière de l’Etat (SPFE) mais qui reste sans retour. « Les statuts de la Jirama ne sont donc pas encore mis en conformité, en l’état, et ne permettent pas au SPFE d’effectuer le suivi conformément aux textes en vigueur ».
Pour Air Madagascar, le conseil des ministres du 13 octobre 2021 avait approuvé sa décision d’entamer une prodécure colective d’apurement du passif. Cette compagnie est « actuellement en redressement judiciaire, le suivi de ses activités rélève du Tribunal du commerce et des syndics », rappelle le PSMFP.














