Antananarivo, 14 Octobre, 8h15 – Les opérateurs économiques malgaches montent au créneau. Au lendemain des manifestations menées par les jeunes de la génération Z, un membre influent du secteur privé a affirmé vendredi dernier la nécessité urgente de relancer le Dialogue Public Privé (DPP). Selon lui, la conjoncture actuelle, marquée par des tensions sociales et une incertitude économique croissante, impose de revoir plusieurs dispositions du futur projet de Loi de Finances 2026 afin de mieux adapter la fiscalité à la réalité du pays. Les groupements d’entreprises souhaitent replacer la concertation au centre des décisions économiques.
Le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) et le Fivondronan’ny mpandraharaha malagasy (Fivmpama) ont réaffirmé leur engagement à collaborer avec les autorités pour trouver des solutions durables à la crise. Lors de la dernière rencontre avec le président de la République Andry Rajoelina, ils ont souligné que la stabilité politique et la sécurité des biens et des personnes sont des conditions indispensables pour la continuité des activités économiques. Ils appellent à un climat d’apaisement et à un encadrement responsable des manifestations, craignant que les violences n’affectent davantage la confiance des investisseurs.
Dans leur communiqué commun faisant suite à cette rencontre, le GEM et le Fivmpama ont mis en avant trois priorités pour relancer la croissance dont la restauration de l’attractivité du pays, l’intégration des impacts socio-économiques de la crise dans la Loi de finances 2026 et la relance des filières industrielles, agricoles et touristiques. Ces mesures visent à préserver les acquis économiques, notamment ceux liés à l’AGOA et aux partenariats financiers internationaux. Les opérateurs souhaitent également que la nouvelle loi tienne compte des réalités des entreprises et des ménages les plus touchés par la crise.
De plus, le dernier DPP, tenu en juillet dernier, avait permis d’identifier plusieurs priorités communes entre le ministère des Finances, l’Economic development board of Madagascar (EDBM) et les groupements d’entreprises. Cependant, les récents rebondissements politiques et économiques ont profondément modifié les paramètres de discussion. Les opérateurs estiment qu’un nouveau dialogue est nécessaire pour actualiser les propositions fiscales initialement prévues. L’objectif est d’éviter une déconnexion entre les politiques publiques et la situation économique réelle du pays.
Par ailleurs, les groupements du secteur privé indiquent attendre une déclaration officielle de la part des représentants du mouvement des manifestants avant d’envisager une grève générale. Jusqu’ici, aucune revendication formelle n’a été déposée, soulignent-ils. Les acteurs économiques appellent donc à la responsabilité et au dialogue national, estimant que seule une concertation ouverte entre l’État, les opérateurs et la société civile permettra de rétablir la confiance et de stabiliser l’économie.














