La vague de chaleur qui frappe une grande partie de l’Europe continue de provoquer des conséquences sanitaires et sociales importantes. En Espagne, au moins 212 décès ont été attribués à cet épisode caniculaire entre dimanche et mercredi, tandis qu’en France, les autorités signalent une hausse de la mortalité, la fermeture de milliers d’établissements scolaires et plusieurs décès potentiellement liés aux fortes températures.
Selon les données de l’Institut de santé Carlos III, l’Espagne a enregistré 212 décès attribuables à la chaleur sur quatre jours, contre 98 sur la même période en 2025. Ces estimations reposent sur le système de surveillance de la mortalité “MoMo” (Monitoring de la mortalité), qui compare le nombre quotidien de décès à la mortalité attendue sur la base des données historiques.
Plusieurs drames
En France, le maire de Paris a fait état jeudi d’une “mortalité en hausse” dans la capitale, sans avancer de chiffres. Les autorités appellent la population à la prudence alors que le pic de la canicule est attendu dans le pays. Soixante-douze départements sur 101 sont placés en vigilance rouge, concernant plus de 51 millions d’habitants.
Plusieurs drames ont également été signalés. Un enfant de trois ans est décédé mercredi après avoir été retrouvé seul dans une voiture stationnée devant son domicile à Saint-Gratien, au nord de Paris. Dans le Pas-de-Calais, trois décès constatés à domicile sont considérés comme susceptibles d’être liés à la canicule.
Les fortes chaleurs perturbent aussi le fonctionnement des services publics. Environ 3 500 établissements scolaires sont fermés jeudi en France, tandis que près de 10 000 autres ont adapté leurs horaires afin de limiter l’exposition des élèves aux températures élevées.
Niveaux exceptionnels
Au-delà de la France, les températures continuent d’atteindre des niveaux exceptionnels sur le continent. Selon des calculs de l’AFP, au moins 101 millions d’Européens devraient être exposés jeudi à des températures supérieures à 35°C au cours de la journée, dont plus de 50 millions en France et 18 millions en Allemagne. Plus de 380 millions d’habitants devraient connaître des températures maximales supérieures à 30°C.
Au Royaume-Uni, un nouveau record de chaleur pour un mois de juin a été établi avec 35,7°C mesurés mercredi à Charlwood, dans le sud de l’Angleterre, dépassant le précédent record datant de 1976.
En Belgique, la canicule a ravivé les revendications en faveur d’espaces de baignade en plein air. Une vingtaine de militants se sont baignés mercredi dans un bassin d’un parc de Bruxelles pour dénoncer l’absence d’infrastructures adaptées dans la capitale.
Amélioration progressive
Une amélioration progressive est attendue en France à partir de vendredi avec une baisse des températures par l’ouest du pays, à la suite d’une dégradation orageuse annoncée par Météo-France.
Face à la multiplication des épisodes extrêmes, le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), Jim Skea, a estimé que ces vagues de chaleur deviendront plus fréquentes sous l’effet du réchauffement climatique, certaines évolutions observées dépassant déjà les projections initiales des scientifiques.
Avec AFP














