Antananarivo, 15 Juillet, 21h00 – Quel pourrait être l’ajustement nécessaire pour parvenir à la vérité des prix des carburants ? Il est ressorti des discussions entre les services du Fonds monétaire international (FMI) et les autorités malgaches qu’il faudrait augmenter en moyenne de 25% les prix auprès des stations-service pour combler l’écart entre les prix maxima affichés à la pompe (PMAP) et les prix de référence calculés (PRC). Ce calcul étant basé sur la structure actuelle des prix. Mais il ne s’agit là que d’une moyenne, car il est ressorti des discussions entre les deux parties sur le nouveau programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC), que l’écart entre les PMAP et la vérité des prix n’est pas le même pour les trois produits pétroliers vendus auprès des stations-service.
Cet écart est par exemple plus conséquent pour le pétrole lampant qui est actuellement vendu à 2 430 ariary le litre et que l’Etat est contraint de subventionner à hauteur de 49%. Le gasoil à 4 900 ariary le litre est également vendu moins cher que son prix de référence et l’Etat le subventionne à 29%. Les prix de ces deux premiers produits devraient donc augmenter jusqu’à concurrence du plafond retenu lors du prochain ajustement des prix. L’essence pour sa part, qui est à 5 900 ariary, est vendue plus chère que sa vérité de prix. Son prix administré est supérieur à son prix de référence et devrait donc diminuer.
L’Etat et le FMI se sont mis d’accord pour que les ajustements soient mis en œuvre progressivement, sur plusieurs mois. Ce, afin de lisser leurs impacts sur le budget des ménages. Le rythme des augmentations de prix pourrait alors différer selon les types de carburant. L’ajustement du prix du pétrole lampant, qui est le produit le plus consommé des malgaches, s’effectuera également progressivement. Ceci, afin de permettre la mise en œuvre de mesures visant à atténuer l’impact sur les ménages les plus pauvres, telles que la distribution de kits solaires.
Un mécanisme automatique de fixation des prix des carburants sera d’ailleurs mis en œuvre pour parvenir à ce que les prix à la pompe de l’essence, du gasoil et du pétrole lampant fluctuent en fonction des prix de référence sur une base mensuelle. Celui-ci est conçu comme un mécanisme de « fourchette de prix », avec deux caractéristiques principales. Selon ce qui est convenu entre l’Etat et le FMI, les prix à la pompe du mois M sont automatiquement ajustés en fonction de la variation du prix de référence entre le mois M-2 et le mois M-1, plafonnée à 200 ariary par litre. Toute variation du prix de référence au-delà de 200 ariary est reportée au mois suivant jusqu’à ce que la variation des prix à la pompe reflète entièrement celle du prix de référence.
L’Etat s’est par ailleurs engagé à verser aux distributeurs de carburants, dans un délai d’un mois après la fin de chaque trimestre, la subvention résultant de l’écart initial entre le PMAP et le PRC et de l’ajustement différé. Cette opération est jugée importante afin de limiter la pression sur la trésorerie des pétroliers d’une part et d’éviter l’accumulation de dettes croisées comme cela a été observé dans le passé, de l’autre. Pour 2024, la subvention estimée à environ 239 milliards d’ariary a été budgétisée dans la loi de Finances rectificative (LFR).














