Antananarivo, 12 Octobre, 10h35 – Une divergence de vues qui se prolonge. Des compagnies pétrolières mettraient la pression sur l’Etat pour se faire payer. “Certains distributeurs de pétrole continuent de retenir le paiement des droits de douanes pour forcer le règlement de leurs créances vis-à-vis de l’État”, révèle le service du Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport de fin de mission au titre de l’article IV à Madagascar. Cette situation se reproduit alors que les deux parties avaient conclu deux accords en 2022 et en 2023, rappelle le FMI dans son rapport. Et parmi les factures réclamées par ces pétroliers figurent le paiement des carburants livrés pour la Jirama.
Les tensions sur les liquidités résultant du paiement tardif des droits de douane sur le pétrole par les distributeurs de carburants en 2022 et 2023, et de la nécessité d’augmenter les transferts à la Jirama avaient déjà entraîné une accumulation d’arriérés intérieurs estimée à 796,3 milliards d’ariary. Soit 1,1 % du PIB à fin 2023.
La ministre de l’Economie et des finances, Rindra Rabarinirinarison, avait alors confié au mois de juin que l’Etat se serait déjà acquitté de ce que les compagnies pétrolières lui réclamaient en 2023, dont le passif généré par l’écart entre les prix affichés à la pompe (PMAP) et les Prix de référence calculés (PRC), rappelle le Grand argentier. Pareil pour les pétroliers qui auraient également réglé de leurs côté les arriérés d’impôts qu’ils devaient à l’Etat l’année dernière.
Ce membre du gouvernement avait ensuite indiqué que le passif de l’Etat envers les pétroliers s’élevait à 72 milliards d’ariary à fin mai 2024. Et qu’à celui-ci s’ajoute un passif restant de 39 milliards d’ariary, que l’Etat devait payer à ces compagnies pétrolières pour l’exercice 2023. Rindra Rabarinirinarison avait à l’époque rassuré que les distributeurs pétroliers payaient normalement leurs contributions fiscales mensuelles.
Or, selon le dernier rapport du FMI, des pétroliers continuent de retenir le paiement des droits de douanes. Ces compagnies pétrolières réclament également leurs créances vis-à-vis de l’Etat. Aussi, les émissaires de cette institution de Bretton Woods estiment que “l’absence d’accord avec les distributeurs de carburants imposerait de réduire les dépenses pour éviter un creusement du déficit budgétaire cette année”.
Les autorités malgaches avaient déjà fait part au FMI dans le cadre de la négociation du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC) leurs intentions de conclure un nouveau protocole d’accord avec le groupement des pétroliers de Madagascar prévoyant les modalités d’apurement des dettes croisées à fin juin 2024. “Nous veillerons à l’apurement et au respect par les pétroliers de leurs obligations fiscales et parafiscales, notamment en matière de droits et taxes sur produits pétroliers, redevance au ministère de l’environnement, redevance au développement du secteur (RDS), contribution au fonds routier (RER), et redevance OMH”, avaient-elles avancé.
Et que “considérant que les retards de paiement ont résulté de la demande des distributeurs d’un paiement simultané de tous les arriérés et dettes croisés avec le gouvernement, nous prendrons toutes les dispositions nécessaires pour accélérer le paiement par les pétroliers à la fois des arriérés passés et des nouvelles contributions mensuelles”, avaient-elles poursuivi.
Retrouvez l’actualité à Madagascar sur notre site web www.2424.mg














