L’Alaotra en ébullition. Des syndicats de producteurs des districts d’Amparafaravola et d’Ambatondrazaka ont mené un mouvement d’envergure jeudi. Dès 11h00 du matin, les manifestants ont paralysé la circulation au niveau de Vohidiala, bloquant les axes routiers pour exprimer leur détresse face à l’effondrement des cours du riz qu’ils produisent.
C’est sur un déséquilibre financier jugé critique que se base leur mouvement. Alors que ces producteurs estiment à 2 100 ariary par kilo le prix indispensable pour couvrir leurs charges et assurer leur survie, les cours actuels du paddy se sont effondrés à 1 000 ariary, d’après leur témoignage sur place. Même l’intervention de la State Procurement of Madagascar (SPM), qui propose aux producteurs un prix d’achat à 1 700 ariary, reste en deçà du seuil de rentabilité.
Mais la situation est encore gravement exacerbée par la concurrence du riz importé, dont le prix est inférieur à celui du riz local. Le Chef de région par intérim de l’Alaotra Mangoro, Elire Joseph Rabemananjara, explique cette cherté de la production locale par plusieurs facteurs structurels. Il cite entre autres la vétusté des infrastructures hydroagricoles qui limite les rendements, le coût élevé des intrants, ou encore le poids du surendettement des paysans via les microcrédits.
40 000 tonnes de paddy dormiraient alors actuellement dans les stocks de la région, faute de débouchés. Mais le risque de surproduction est désormais réel à l’approche de la nouvelle récolte prévue dans moins de deux mois. “Si les stocks actuels ne sont pas évacués avant l’arrivée du riz nouveau, l’économie de la région fera face à une menace systémique”, alerte le chef de région.
Les agriculteurs lancent alors un appel pressant à l’endroit de l’Etat. Ils ont lancé un ultimatum de 48 heures aux autorités pour soumettre une solution concrète permettant d’aligner les prix d’achat sur la réalité des coûts de revient. Sans une réponse satisfaisante d’ici l’expiration de ce délai, les actions de blocage reprendront avec une intensité démultipliée, avertissent-ils.
Pour le Chef de région, la seule solution viable consiste à augmenter massivement les capacités de financement de la SPM afin de libérer ces stocks dans les plus brefs délais. Le rythme actuel de collecte de la SPM, limité à 50 tonnes par semaine, est jugé dérisoire.
Le ministère du Commerce et de la consommation indique que les convois de la SPM sont déployés à Ambatondrazaka et Tanambe pour procéder à la collecte des stocks de riz auprès des producteurs et des collecteurs locaux. Selon le dispositif logistique établi, chaque cargaison acheminera un chargement de 50 tonnes à destination d’Antananarivo. Pour ce département, l’objectif de cette mesure d’urgence est de soutenir les riziculteurs et de stabiliser la filière face à la forte volatilité des cours du paddy qui fragilise actuellement le secteur














