Antananarivo, 22 Juillet, 17h20 – Une autre filière qui se dit en détresse. La branche de production nationale (BPN) d’huiles végétales alimentaires de Madagascar a déposé une requête demandant l’application d’une mesure de sauvegarde face à l’accroissement des importations de produits similaires et directement concurrents à ses produits.
Cette BPN avait apporté auprès de l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC), des éléments de preuve relatifs à l’existence du dommage grave causé par l’accroissement des importations d’huiles alimentaires sur ses activités. Les importations d’huiles végétales alimentaires ont connu un accroissement de 10 points d’indice en 2022 par rapport à celles de 2021. L’accroissement des importations vis-à-vis de cette année de base est de 42 points en 2023, indique la requête de la BPN.
Cette situation n’est pas sans impact pour les activités de la Branche de production nationale. Celle-ci déplore, notamment, des baisses du volume de sa production d’huiles végétales alimentaires durant la période sous revue, allant de six points d’indice en 2022 à 16 points en 2023. Elle rapporte une baisse de 10 points d’indice de son volume de vente l’année dernière ; et ce par rapport en 2021. La requête indique également que la part de marché des importations aurait augmenté de 13 points d’indice en 2023, celle de la BPN aurait diminué de 15 points d’indice pour la même année.
C’est l’accroissement des importations qui aurait d’ailleurs conduit des producteurs d’huiles végétales raffinées à cesser leur activité de production, selon ce qui est exposé dans cette requête. Seuls les produits de la Société Hita sont présents sur le marché local, d’après ce qui y est précisé. Et bien que cette société dispose d’une technologie permettant de produire des huiles répondant aux exigences sanitaires et de qualité pour les besoins des consommateurs, ces derniers ne font pas de distinction entre les produits importés et locaux.
Toutes les conditions requises sont réunies pour initier l’enquête de sauvegarde sur les importations d’huiles végétales alimentaires à Madagascar. Le Comité des sauvegardes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) indique avoir été notifié de l’ouverture de cette enquête vendredi.
Comme expliqué par l’OMC, « une enquête en matière de sauvegardes vise à déterminer si l’accroissement des importations d’un produit cause, ou menace de causer, un dommage grave pour une branche de production nationale ». Au cours d’une telle enquête, « les importateurs, exportateurs et autres parties intéressées peuvent présenter des éléments de preuve et des vues et répondre aux communications des autres parties ».
L’enquête a été ouverte le 18 juillet 2024 et les parties intéressées doivent se faire connaître auprès de l’ANMCC dans un délai de 30 jours à compter de cette date. Elles devront communiquer à cette autorité chargée de l’enquête tous renseignements ou commentaires et lui demander le questionnaire y afférent. Des auditions publiques peuvent également être organisées par l’ANMCC, soit à la demande des parties intéressées, soit d’office, pour permettre aux parties intéressées de présenter des éléments de preuve et, notamment, d’avoir la possibilité de répondre aux exposés d’autres parties, de faire connaître leurs vues, et de défendre leurs intérêts. Il est indiqué que l’Argentine, l’Egypte et la Malaisie sont les principaux pays exportateurs d’huiles végétales alimentaires vers Madagascar.














