Antananarivo, 27 Février, 7h05 – “Acceptables mais inégaux”. Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) qui vient d’achever les premières revues de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de l’accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de Madagascar juge les résultats de la Grande île “globalement mitigés”. Ce Board avait évalué le pays et a livré cette appréciation, sur la base des critères de performances qui étaient définies au mois de juin 2024.
Plusieurs repères structurels avaient été définis dans le cadre des revues de ces deux programmes avec le FMI. Et le premier examen du dossier de Madagascar par le Conseil d’administration de cette institution de Bretton Woods était déjà prévu en novembre de l’année dernière. Mais c’est ce mercredi 26 février que ce Board l’avait finalement entrepris.
Ce premier examen se basait sur des critères de performances qui étaient définies à fin juin 2024. Pour la FEC par exemple, les autorités malgaches devaient entre autres finaliser et faire approuver par le Conseil des Ministres le plan de redressement de la Jirama préparé par la nouvelle équipe de direction au mois de novembre de 2024. La mise en place d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants et inscrire la subvention associée dans le budget était également parmi les cases que ces autorités devaient cocher. Le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants avait été mis en oeuvre en mi-janvier.
Pour la FRD, l’adoption du décret sur le mandat du Comité interministériel pour l’environnement (CIME) et l’adoption du décret sur les évaluations d’impact environnemental en remplacement du décret MECIE de 2004 sont les deux réformes dans le cadre de la première revue de ce programme. Ces textes devaient être adoptés au mois de novembre de l’année dernière. Ils sont sortis au mois de janvier de cette année.
Comme souligné dans le communiqué du FMI à l’issue de la réunion de son Conseil d’administration, “les résultats du programme à fin juin 2024 ont été globalement jugés mitigés, soulignant la nécessité de maintenir une forte appropriation politique pour soutenir la mise en œuvre du programme”. Ce Conseil a néanmoins approuvé le décaissement immédiat de 101 millions de dollars pour Madagascar au titre de ces deux programmes.
La ministre de l’Economie et des finances, Rindra Rabarinirinarison, évoque une implication personnelle du président de la République et du Premier ministre pour faire passer la revue. “Je peux témoigner que le président de la République Andry Rajoelina a pesé de tout son poids pour pousser la première revue de la FEC et du FRD”, écrit-elle sur sa page Facebook. “Le Premier ministre Christian Ntsay n’a pas non plus ménagé ses efforts pour apporter des explications sur la ligne de conduite du gouvernement”, ajoute-t-elle.
La ministre rapporte aussi des velléités de blocage et de suppression des deux programmes menées par certaines personnes qu’elle n’a pas identifiées jusqu’au FMI. “Ces gens ont lancé des initiatives à charge sur le dossier de Madagascar”, dénonce-t-elle, heureuse que le FMI sache “faire preuve de discernement face à la haine”.
Pour la suite du programme, les autorités malgaches sont encouragées par le FMI à accélérer les réformes nécessaires pour stimuler la croissance. Elles devraient également poursuivre la mise en œuvre du mécanisme automatique d’ajustement des prix des carburants ou encore renforcer les processus de gestion des finances et des investissements publics. Il leur est notamment recommandé “des efforts supplémentaires pour continuer à améliorer la mobilisation des recettes intérieures et sécuriser fermement le redressement financier de la Jirama”. La deuxième revue est prévue en avril, selon la ministre.
Photo d’illustration : MEF














