Antananarivo, 13 Septembre, 11h25 – Une déclaration publique de soutien. Le président de la République Andry Rajoelina n’a pas manqué de réagir à la décision de la justice de l’Etat américain de la Louisiane de condamner à 40 ans de prison mais aussi et surtout à une castration chimique et chirurgicale d’un homme de 37 ans surpris en train de violer une fillette de sept ans. Cette décision “prouve qu’il faut des sanctions sévères face à de telles atrocités”, indique-t-il dans une publication postée ce samedi sur sa page Facebook.
Le chef de l’Etat rappelle alors, en référence, son engagement traduit en loi en 2024. “La castration est la mesure stricte et incontournable qui peut mettre un terme définitif à ces crimes horribles”, souligne-t-il, précisant qu’avec la loi qu’il a fait adopter, “nous avons choisi qu’à partir de maintenant, quiconque ose détruire l’avenir des enfants malgaches par la violence sexuelle sera confronté à des sanctions extrêmement sévères”.
Dans son post, Andry Rajoelina met en avant sa “position personnelle” par rapport à l’agression sexuelle des enfants pour expliquer son engagement en faveur de la castration des violeurs d’enfants. “Pour moi personnellement, rien n’est plus précieux que la vie et la pureté de nos enfants”, martèle-t-il. Il ajoute que “l’agression sur des enfants innocents et sans défense constitue un danger pour l’ensemble de la société”. “Je ne cesserai de me battre pour nos enfants et ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger les enfants malgaches”, poursuit-il encore.
La question de la castration des individus condamnés pour viols d’enfants a été évoquée pour la première fois par Andry Rajoelina dans son discours de fin d’année en 2023. Quelques semaines plus tard, le Parlement adopte une loi qui modifie le Code pénal en introduisant la castration physique parmi les peines contre les violeurs, et dès février 2024, la Haute cour constitutionnelle la déclare conforme à la Constitution, même si elle conditionne son entrée en vigueur par le retrait de la castration chimique dans la panoplie des peines, et par l’adoption d’un décret d’application détaillant les procédures de la castration chirurgicale.
C’est en juillet 2025 que la justice malgache prononce, pour la première fois, la peine de castration contre un “violeur d’enfant” sur un crime commis en mars 2024, après la promulgation de la loi, mais bien avant septembre 2024, date d’adoption du décret censé conditionner son entrée en vigueur. Bien que les réactions après cette première condamnation aient été mitigées, des organisations internationales avaient déjà dénoncé l’adoption de cette loi à Madagascar et le sujet a été soulevé lors du dernier examen périodique universel des droits de l’homme.
En Louisiane, le projet de loi autorisant la castration physique des délinquants sexuels les plus dangereux a été approuvé en juin 2024 par le gouverneur républicain Jeff Landry. Cet ancien procureur général de cet Etat du Sud des Etats-Unis, connu pour ses positions ultraconservatrices, s’est surtout fait remarquer par une série de mesures jugées controversées, telles que la remise en cause de certains droits liés à l’avortement, le renforcement de la peine de mort, la limitation de l’accès à des ouvrages traitant de questions de genre dans les bibliothèques publiques ou encore l’affichage des Dix commandements dans les établissements publics.














