Antananarivo, 28 Avril, 6h15 – « Tout a été conservé ici en impliquant le savoir-faire local ». Hobisoa Raininoro, responsable de la Galerie de la Fondation H, ne cache pas sa fierté face à l’aboutissement des travaux de rénovation et de réaménagement du vieux bâtiment de la Poste qui devient le nouvel espace de la Fondation H. Ce bâtiment au style anglo-merina, vieux de plus d’un siècle, est désormais consacré à l’art visuel et sa pièce principale est bien une immense galerie aux normes internationales, s’étalant sur plus de 900 m2 exposable. Elle compte également une bibliothèque, une salle dédiée à la médiation, un café, une résidence pour les artistes, des lieux de vie pour le personnel. Le tout forme un ensemble s’étalant sur 2200 m2.
Derrière ce résultat s’est effectué un effort de conservation patrimonial d’envergure. Durant deux ans, l’historienne Bako Rasoarifetra, l’architecte Otmar Dodel ainsi qu’une pléthore d’ouvriers se sont donné la main pour sublimer et agrandir ce bâtiment emblématique du Centre-ville d’Antananarivo. Au final, les portes, les fenêtres, les vérandas entre autres ont pu être réintégrés dans le bâtiment. « Pour les tuiles, il a fallu reproduire une moule à partir d’une des pièces d’antan afin produire de nouvelles tuiles », souligne Hobisoa Raininoro. Sur les bois, le fer, la pierre ou les briques, aucune teinte, tout est resté brut pour « laisser parler la matière », ajoute Aurore Spinoza, principale médiatrice culturelle auprès de la Fondation H, lors d’une visite privée.
Le nouveau lieu se veut un flambeau pour l’Afrique. « J’en ai assez d’entendre les clichés sur le continent Africain. Nous devons nous lever, notre narratif doit changer, et il est en train de changer. On va le montrer au monde entier », assène Hassanein Hiridjee, CEO du groupe Axian, durant l’avant-première de l’inauguration à laquelle étaient présents des journalistes nationaux et internationaux ainsi que des éminents représentants de la scène artistique mondiale. Il invite pour concrétiser cette vision tous les entrepreneurs privés aussi bien à Madagascar que sur le continent à faire de la culture une priorité. « Le partenariat public-privé est la clé », dit-il en mettant en avant le programme de formation certifiante en art que va proposer la Fondation H courant juillet.














