Le 17 avril, le Ministre allemand de la santé Jens Spahn n’était pas peu fier d’annoncer que son pays avait effectué 500.000 tests au coronavirus en une seule semaine : «dans l’absolu, le plus grand total dans le monde entier».
Le Robert Koch Institute (RKI) a indiqué que 350.000 tests avaient été menés au cours de chacune des deux dernières semaines de mars, l’objectif allemand étant désormais de parvenir à effectuer 200.000 tests par jour d’ici fin avril. Pour la même période, la France conduira 50.000 tests classiques par jour, ce qui a amené le Premier Ministre français à s’interroger sur la réalité des 500.000 tests hebdomadaires réussis par la première puissance européenne. Toujours est-il que l’Allemagne enregistre cinq fois moins de décès qu’en France : 3.022 morts contre 14.393 au 13 avril, 4.110 contre 18.681 au 18 avril. Des chiffres que, cette fois, personne n’a contestés.
Si l’Allemagne a pu mener 1,7 million de tests au mois de mars, c’est aussi parce que sur le millier de machines pour le traitement des échantillons que compte le parc mondial, une centaine se trouvent en Allemagne (contre une douzaine en France). La recherche n’est pas en reste : à la mi-mars, l’Allemagne avait décliné fermement l’offre américaine de racheter le laboratoire allemand Curevac qui travaille sur un vaccin contre le Covid-19 ;
le 26 mars, Bosch Healthcare Solutions annonçait avoir développé un test automatisé qui donne le résultat après 2H30 : l’échantillon prélevé peut être traité aussitôt partout où se trouve implanté un analyseur Vivalytic qui peut réaliser jusqu’à 10 tests par jour ; le 30 mars, le groupe pharmaceutique Bayer annonçait le développement et la mise à disposition de 40 appareils de dépistage du coronavirus.
Plus d’un millier d’instituts de Recherche & Développement (Fraunhofer Gesellschaft, Helmholtz Gemeinschaft, Max-Planck Institute, Leibniz Association…), réactifs en nombre, appareils en quantité, plusieurs laboratoires au sein des hôpitaux universitaires : l’Allemagne n’est pas un pays sous-développé. Le «Made in Germany» n’est pas un label usurpé dans les biens de consommation, dans l’automobile, dans la pharmacie et la chimie, dans les machines-outils, dans la sidérurgie. Les noms des «pères fondateurs» sont devenus génériques dans le monde entier : Alfred Krupp (1812-1887), Werner von Siemens (1816-1892), Carl Zeiss (1816-1888), Friedrich Bayer (1825-1880), Gottlieb Daimler (1834-1900), August Thyssen (1842-1926), Karl Benz (1844-1929), Robert Bosch (1861-1942), Ferdinand Porsche (1875-1951).
L’investissement allemand dans le système sanitaire «paie» : avec 8 lits d’hôpitaux pour 1.000 habitants (OCDE 2018), l’Allemagne n’est devancée que par le Japon (13) et la Corée du Sud (12). Rassurant. Ingo Wallner, ancien consul honoraire de Madagascar, témoigne : «Comparé à l’Italie, l’Espagne ou la France, on est super content d’avoir une infrastructure médicale et sociale efficace. Les investissements pendant les décennies passées paient». C’est donc avec quelque légitimité que la Chancelière allemande Angela Merkel peut affirmer que «l’Allemagne a un bon sytème de santé, sans doute l’un des meilleurs au monde».














