Antananarivo, 16 Juillet, 23h00 – « Quel parent ne ferait pas tout pour que ses enfants réussissent » ? Le président de la République Andry Rajoelina indique avoir demandé la nationalité française pour permettre à ses enfants de poursuivre leurs études en France. A l’entendre, ses enfants devaient « faire la queue auprès de l’administration française tous les six mois pour obtenir un visa ». C’est pour éviter ces péripéties à ses enfants et pour les voir réussir qu’il a demandé la nationalité française, répond-il à la question de savoir pourquoi il a effectué la sollicitation.
Bien qu’il reconnaisse avoir effectué la démarche pour ses enfants, et bien que le document publié sur les réseaux sociaux soit un décret de naturalisation, Andry Rajoelina ne reconnaît pas qu’il s’agisse d’une demande de naturalisation. « C’est mon droit », martèle-t-il, insistant sur la nationalité française de son grand-père. Pour le président malgache, sa nationalité française est « un bout de papier de 8cm qui se trouve dans sa poche » et qui ne pourrait jamais lui ôter son patriotisme. « Andry Rajoelina aime sa patrie et est prêt à mourir pour elle », scande-t-il, amenant l’assistance à lui faire un standing ovation.
« Je n’accepte pas qu’on me dise que je ne suis pas Malgache », poursuit-il, reconnaissant à demi-mot sa double nationalité sans avouer sa citoyenneté française. D’ailleurs, « est-ce un péché d’avoir une autre nationalité » ? s’interroge-t-il, citant diverses personnalités ayant une double nationalité et des dirigeants politiques ayant des origines autres que celles du pays qu’ils dirigent. Il évoque même Jean Ralaimongo, militant nationaliste, qui avait demandé que tous les Malgaches aient accès à la citoyenneté française sous la colonisation, ainsi que les députés Joseph Raseta et Jacques Rabemananjara, fondateurs du parti nationaliste Mouvement démocratique pour la rénovation malgache (MDRM), qui étaient Français.
Dans la foulée de son discours, Andry Rajoelina fait un clin d’œil à tous les Malgaches binationaux à travers le monde. « Rassurez-vous, personne ne pourra vous enlever ce qui fait de vous des Malgaches », assure-t-il. Rappelant que le décret gouvernemental autorisant une perte ou une déchéance de la nationalité est signée par le président de la République, il affirme n’avoir jamais signé de décret autorisant une perte nationalité. Il souhaite, par ailleurs, que ce débat, ou plutôt que « ce faux-débat soit clos ».














