Transformation structurelle, c’est en ce sens que le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) a soumis aux autorités, lors des récentes assises économiques, un plan de modernisation visant à stabiliser le système électrique national. Ce document identifie l’énergie comme le levier central de la croissance et de la compétitivité. L’organisation suggère alors des investissements immédiats pour réduire les coûts de production, qui freinent actuellement l’industrie. L’objectif affiché est de produire des résultats tangibles dès 2026 en restructurant le mix énergétique, favorisant ainsi un environnement plus favorable pour l’ensemble des opérateurs économiques.
Ce plan stratégique prévoit un déploiement massif de 160 MW d’énergie solaire sur une période de douze mois. Le programme se décompose en 100 MW destinés à la Capitale et 60 MW pour les provinces, pour un investissement total estimé entre 135 et 180 millions d’euros. Cette transition vise à substituer la production thermique, particulièrement coûteuse et dépendante des importations, par des sources renouvelables locales. En stabilisant l’alimentation des centres régionaux, cette initiative entend assurer une meilleure continuité de service, indispensable au fonctionnement régulier des entreprises nationales.
La modernisation des infrastructures de transport et de distribution constitue un autre axe prioritaire des recommandations du GEM. Le secteur privé propose d’allouer jusqu’à 200 millions d’euros pour réduire les pertes techniques et améliorer la qualité de la tension électrique sur le réseau. Parallèlement, le développement de mini-barrages et de réseaux décentralisés doit favoriser l’accès à l’énergie dans les zones reculées. Ces solutions locales sont conçues pour soutenir l’électrification productive, notamment dans les secteurs de l’agriculture et des PME, piliers de la dynamique économique territoriale.
Sur le plan institutionnel, la réussite de ces propositions dépend de mesures d’accompagnement spécifiques de la part de l’État. Le secteur privé préconise une fiscalité incitative, incluant l’exonération des taxes à l’importation sur les équipements liés à la transition énergétique. Le redressement structurel de la Jirama et la mise en place de garanties financières sont également jugés essentiels pour attirer les investisseurs internationaux. Cette approche globale, telle que présentée durant les rencontres économiques, vise à lever les verrous énergétiques pour faire du secteur un moteur durable de l’émergence nationale.