Antananarivo, 30 Novembre, 10h15 – Un motif de réjouissance pour la diplomatie malgache. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine “abandonne le principe de l’isolement politique de Madagascar au niveau continental et international”, rapporte le chargé d’affaires par intérim de la mission de représentation permanente de Madagascar auprès de l’Union africaine dans une lettre adressée à la ministre des Affaires étrangères ayant fuité sur les réseaux sociaux. “Au contraire, il fait un appel aux Etats membres de l’UA, aux partenaires internationaux et au reste de la Communauté internationale à continuer à fournir le soutien nécessaire à Madagascar, notamment par la mobilisation de ressources financières”, poursuit-il dans sa lettre.
Dans son communiqué à l’issue de sa 131ème réunion du 20 novembre, le CPS/UA “encourage” notamment “tous les États membres et partenaires internationaux à soutenir la mise en œuvre des décisions du Conseil et à répondre aux défis humanitaires liés aux catastrophes naturelles”. Après avoir entendu les rapports de la dernière mission du Panel des sages et de l’envoyé spécial du président de la Commission de l’UA, il appelle également “la Commission de l’UA, en collaboration avec la SADC, la Commission de l’océan Indien, les partenaires et la communauté internationale” à apporter un soutien financier et “un appui technique à la Commission électorale nationale et à l’élaboration d’une nouvelle Constitution, afin de faciliter le processus de transition”.
Le CPS/UA plaide également pour que Madagascar soit inclus “parmi les pays éligibles au soutien du Fonds africain pour des transitions inclusives (AFSIT)”. Il souligne néanmoins que ce soutien doit être “conditionné par la mise en œuvre de la feuille de route de transition”. Et bien qu’il “n’exige plus le retour rapide et total à l’ordre constitutionnel”, comme le souligne la lettre du chargé d’affaires de Madagascar, le Conseil n’en exhorte pas moins les autorités malgaches “à élaborer de toute urgence une feuille de route de transition consensuelle, claire et véritablement inclusive, assortie d’étapes de référence et d’échéances précises, visant une conclusion rapide du processus de transition”.
Dans la même foulée, le CPS/UA “encourage les autorités malgaches à prendre en compte les demandes, griefs et aspirations légitimes de la jeunesse et à investir dans des mesures de confiance pour favoriser l’organisation d’un dialogue national constructif, transparent et inclusif dans un environnement propice, en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel et à la gouvernance démocratique”. Dans ce cadre, il invite d’ailleurs les autorités à adopter “des approches inclusives et participatives de type gouvernement-entièrement impliqué / société-entièrement impliquée”, et à associer à ces démarches “toutes les parties prenantes malgaches essentielles, y compris les femmes et les jeunes”.
Par ailleurs, malgré ce qui peut être considéré comme un assouplissement de sa position, “le CPS maintient la suspension de la participation de Madagascar aux réunions des organes officiels de l’UA”, souligne le chargé d’affaires de la mission de représentation permanente de Madagascar à Addis Abeba. Celui-ci voit dans cette posture une manière de “mettre la pression sur les autorités malgaches pour qu’elles élaborent d’urgence la feuille de route de la transition”.
Photo : CPS Union Africaine














