Antananarivo, 2 Mars, 13h17 – La part du secteur privé dans l’investissement brut serait passée de 14% à 8% du Produit intérieur brut (PIB). Le président du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Thierry Rajaona, parle d’une baisse continue. « Le constat est que le secteur privé investit de moins en moins dans l’économie depuis les cinq dernières années », regrette-t-il durant l’assemblée générale de ce groupement, mercredi. Pour freiner cette tendance à la baisse et pour parvenir à faire repartir les investissements à la hausse, il évoque la nécessité d’un cadre et des conditions qui permettent au secteur privé d’investir.
L’Etat indique néanmoins qu’avec l’intensification des efforts pour la mise en œuvre du Plan Emergence Madagascar (PEM), les investissements devraient connaitre une croissance significative à partir de cette année. Cette hausse des investissements concerne à la fois le secteur public et le secteur privé.
Dans le document de performance annexé au projet de loi des Finances 2023, l’Etat estime que le taux d’investissement global devrait être de 25,3% du PIB. Les investissements publics augmenteraient jusqu’à 12,2% du PIB et ceux du secteur privé atteindraient à 13,1% du PIB, portés notamment par les investissements directs étrangers. Ce document prévoit qu’à moyen terme, les investissements devraient augmenter à un rythme soutenu pour atteindre 30,2% du PIB en 2025, dont 13% du PIB pour le secteur public et 17,1% du PIB pour le secteur privé.
Le GEM reste cependant perplexe et s’interroge même sur la volonté politique de l’Etat, en prenant l’exemple du secteur de l’énergie. « Nous savons les problèmes de l’électricité à Madagascar qui impactent les activités des entreprises du pays. C’est le secteur privé qui investit dans les barrages hydroélectriques », rappelle-t-il. Il se demande alors « pourquoi, le projet Sahofika qui est là depuis plus de six ans et qui a fait l’objet d’une signature en 2021 n’est toujours pas finalisé en termes d’accord, deux ans après ?». Pour Thierry Rajaona, « le secteur privé est prêt mais il faut que les autorités s’y impliquent réellement également ».
Par ailleurs, économiquement parlant, l’année 2023 présente un contexte qui « n’est pas vraiment favorable pour le développement du secteur privé », d’après le président du GEM. Selon ses explications, le contexte lié à l’élection va créer beaucoup d’incertitudes. Il anticipe que « les autorités auront d’autres priorités, à savoir l’organisation de l’élection présidentielle en fin d’année ». Il n’écarte également pas non plus les éventuelles troubles pré-électorales ou post-électorales. Ainsi, bon nombre d’investisseurs privés, locaux comme étrangers, attendent que les élections se fassent avant d’engager de nouveaux projets, confie-t-il.














