Madagascar se dote d’une nouvelle politique de la langue. En bonne position dans ce texte figure l’adoption de la langue malgache comme langue de transmission des connaissances. Malgré quelques réserves et inquiétudes exprimées par quelques députés sur un retour de la malgachisation, l’Assemblée nationale a adopté mercredi la proposition de loi sur la politique nationale de la langue et les droits linguistiques à Madagascar.
Selon le texte, “le malgache est institué comme langue enseignée ainsi que comme langue d’enseignement et d’éducation à Madagascar”. La proposition de loi insiste néanmoins sur la nécessité d’enseigner les langues étrangères qui devraient être “des instruments destinés à faciliter l’ouverture du pays sur l’extérieur ainsi que ses relations avec les étrangers”.
Si la proposition de loi ne précise pas jusqu’à quel niveau la langue d’enseignement doit être le malgache, elle n’en insiste pas moins sur le fait que l’enseignement du malgache doit se faire du primaire à l’enseignement supérieur. Elle précise également que la maîtrise du malgache devrait être une condition à la délivrance de tout diplôme universitaire et que le malgache devrait être utilisé dans l’enseignement, la recherche et la diffusion des résultats de recherche.
S’agissant d’une loi-cadre, la proposition de loi ne donne pas encore de détails sur les modalités de mise en œuvre de la politique. Elle précise juste qu’il revient aux ministères et aux institutions concernés d’adopter les textes nécessaires à l’application de ce principe.
Des députés se sont inquiétés d’un éventuel retour de la malgachisation telle que cela a été appliqué durant la deuxième République, mais l’initiateur de la proposition, le député Navalona Francky Rakotoaritiana, élu dans le 3ème arrondissement d’Antananarivo et remplaçant de Ogascar Fenosoa Mandrindrarivony devenu ministre de la Communication et de la culture assure qu’il ne s’agit “pas d’une malgachisation forcée”. Il parle plutôt d’une “démarche en vue de revaloriser la langue et de lui donner la place qui lui revient légitimement”.
Le texte prévoit d’ailleurs l’élargissement de l’usage de la langue bien au-delà du cadre scolaire et de l’éducation. Il prévoit notamment son utilisation accrue dans l’administration, les communications officielles, les médias, les formations, les contrats de travail ou encore l’information destinée aux consommateurs.
Le professeur Jeannot Fils Ranaivoson, enseignant-chercheur en linguistique à l’Université d’Antananarivo, rapporte au cours de la séance plénière qu’un projet d’ouvrage sur l’écriture du malgache est en cours de préparation. Il souligne que le financement a déjà été validé en Conseil des ministres et que sa réalisation est attendue dans un délai d’un an.













