Antananarivo, 10 Janvier, 18h40 – La piste criminelle prend le dessus. Le président Andry Rajoelina estime que l’incendie du transformateur de la centrale hydroélectrique d’Andekaleka peut être criminel, lors de sa visite du site, ce lundi. « C’est un acte voulu », lâche-t-il, devant les agents de la Jirama, la compagnie de l’eau et de l’électricité. « L’enquête suit son cours », poursuit-il.
Le chef de l’Etat livre son argument pour étayer sa thèse. « C’est impossible qu’il y ait explosion avant l’incendie. Or, c’est ce qui s’est passé. Le transformateur ne devrait pas exploser. L’incendie devrait avoir lieu avant l’explosion si c’était un accident », analyse-t-il.
Andry Rajoelina expose également un autre élément. Il témoigne avoir déjà été approché par certaines personnes qui lui auraient demandé de l’argent en 2018 pour « faire exploser la centrale ». « Mais j’ai refusé la proposition », assure-t-il, indiquant que cela n’aurait pas toujours été le cas de certains. « Ce que j’ai refusé, d’autres peuvent l’avoir accepté en 2021 », déduit-il.
Pour mettre la main sur le(s) éventuel(s) commanditaire(s) de l’acte, le chef de l’Etat invite ceux qui auraient exécuté la basse besogne à dénoncer ces derniers. Il demande aux éventuel(s) exécutant(s) d’« envoyer une lettre anonyme au ministère ou à la Présidence » puis à révéler le(s) nom(s) des éventuel(s) cerveau(x). « Ils ne seront pas poursuivis et nous doublerons leur rétribution », promet le chef de l’Etat.
Herilaza Imbiki, ministre de la Justice, avait annoncé qu’une enquête judiciaire avait été ouverte après l’incendie du transformateur à Andekaleka le 6 Janvier. La direction générale de la Jirama avait privilégié la piste d’un court-circuit à cause de la vétusté des infrastructures pour expliquer l’incendie.
Un des transformateurs à Andekaleka avait pris feu le 2 Janvier. L’incendie avait provoqué des dégâts, mettant hors service un des groupes, puis l’effet de dominos conduit à l’arrêt total de la production d’électricité sur le site, censée assurer 90 MW pour alimenter le réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA).













