Antananarivo, 14 Mai, 16h10 – Une filière qui étend ses ailes. Mouches soldats noirs, cafards, criquets et sauterelles, vers de farine ou encore grillons, l’élevage de ces insectes commence à se développer à Madagascar. Une plateforme nationale, dénommée Gasy insectes comestibles (GIC), existe dans la Grande île depuis 2022 pour rassembler les différents acteurs de la filière dont les chercheurs, les producteurs, les transformateurs ainsi que les exportateurs. Une plateforme mise en place ayant pour objectif la transformation des insectes en opportunités nutritionnelles, économiques, sociales et environnementales, d’après l’un de ses membres fondateurs présents à la Foire internationale de Madagascar (FIM).
Les acteurs de la filière insectes comestibles se confrontent toutefois encore à plusieurs obstacles. La considération par la société des insectes comme nuisibles, des ravageurs et une calamité en est l’un des premiers. Et pour beaucoup, ils ne sont pas perçus comme des ingrédients normaux de l’alimentation humaine ou animale. « Les membres du GIC s’activent déjà en vue d’apporter un changement de comportement vis-à-vis de ces insectes afin qu’ils ne soient plus considérés comme insignifiants », indique le représentant de la plateforme. Mais il y a également la règlementation qui reste à revoir surtout que la production, le commerce et l’utilisation des insectes comestibles touchent plusieurs domaines.
Les activités de GIC concernent à la fois les insectes pour la consommation humaine et ceux pour l’alimentation animale. Elles touchent toute la chaine de valeur de la collecte à l’élevage, la commercialisation, la transformation, la consommation, l’importation et l’exportation. Les membres de cette plateforme ne sont pourtant pas dans la commercialisation de leurs produits. Ils disposent pour la plupart de leurs propres fermes. « Ceux qui disposent de fermes avicoles ou ceux dans la pisciculture se contentent par exemple d’une capacité de production adaptée à leurs propres besoins », confie notre interlocuteur.
Cette plateforme entend se lancer prochainement dans la production de protéine en poudre à base d’insecte, qui va être incorporée dans les provendes. Et ce n’est pas la demande qui manque. Elle aurait déjà été rapprochée par des entreprises locales, avec des commandes mensuelles d’environ 50 tonnes de poudre d’insectes par mois déjà reçues, poursuit notre source. La plateforme nationale s’y attelle et mesure actuellement la capacité de production de ses membres en vue de déterminer le tonnage qu’ils peuvent produire sur un deadline précis.
Le GIC insiste sur sa page Facebook que la protéine d’insecte a déjà démontré des qualités remarquables autant sur l’aspect écologique qu’économique. L’insecte est, selon cette plateforme, une source de nouveaux ingrédients, voire même matériaux de haute technologie, biosourcés et biodégradables utilisables dans les industries comme la chimie, la cosmétique ou la santé. Plusieurs personnes s’intéressent alors à l’élevage d’insectes comestibles. Le GIC indique avoir reçu plusieurs demandes de formation sur ce type d’élevage notamment durant la FIM.














