Antananarivo, 14 Septembre, 6h35 – La pandémie de Covid-19 et les mesures prises pour en atténuer les effets ont montré à quel point le travail est précaire sur la Grande île. Coffi Agossou, représentant résident de l’Organisation internationale du travail (OIT), cite « les failles profondes au sein du marché du travail à Madagascar » au cours d’un atelier avec le réseau des journalistes spécialisés en emploi et travail, lundi, à Farafangana.
Il parle, entre autres, de « la carence en sécurité sociale, de l’absence d’une agence publique pour l’emploi et du faible dialogue social ». Il évoque également « l’absence d’un système d’assurance chômage et la vulnérabilité de l’emploi des jeunes ». Il soulève aussi « le déficit de l’emploi décent marqué par une prolifération du secteur informel et un système éducatif peu performant pour faire face au télétravail imposé par la pandémie ».
Ces carences ont perturbé la vie de nombreuses familles dont les revenus ont connu une baisse durant la pandémie. Certains ont perdu leur emploi tandis que d’autres ont vu leur temps de travail diminuer, constate l’OIT. Les plus affectés par ces situations, selon l’organisation, sont « les jeunes, les femmes, les migrants, les personnes en situation de handicap et les travailleurs du secteur informel ».
Une enquête menée par l’Institut national de la statistique (Instat) avec l’appui de l’OIT rapporte que durant cette période le taux de perte d’emploi était de l’ordre de 7,7% au mois de Juin 2020, et de 4,4% au mois d’Août. Les secteurs les plus touchés sont l’industrie des loirs, celle des arts et des spectacles ainsi que les secteurs de la restauration et de l’hébergement.
Une autre étude menée par l’Office national de l’emploi et de la formation (Onef) a montré que « environ 97% des entreprises ont été affectées par la Covid-19 », et 21,2% de ces entreprises ont connu un déficit de trésorerie. Presque la moitié des entreprises ont ainsi dû réduire leur temps de travail et anticiper les congés payés. Près de 20% ont même dû arrêter temporairement leurs activités. 32% ont dû recourir au chômage technique total ou partiel de leurs travailleurs.
Une politique de réintégration sur le marché du travail des jeunes ayant perdu leur emploi et la garantie des prestations d’assurance emploi sont, entre autres, les solutions proposées par le Bureau international du travail (BIT) pour « empêcher que toutes générations de jeunes ne voient leurs perspectives de carrières marquées de façon permanente par la crise ». Le BIT suggère également l’extension des aides apportées à ceux qui ont conservé leur emploi pendant la crise en leur garantissant l’accès à la protection sociale.














