Antananarivo, 11 Novembre, 18h30 – Le conflit social au sein de la Jirama s’intensifie. Le Syndicat des employés de la Jirama (SMJ), l’une des organisations syndicales au sein de la société d’Etat, choisit la voie des “actions directes” pour répondre aux propositions du gouvernement. Des agents membres du syndicat ont procédé à des coupures ciblées de l’électricité ce mardi, et promettent d’aller encore plus loin dans les prochains jours.
Le mouvement a d’abord visé les propres établissements de la Jirama dans la Capitale, tels que le siège d’Ambohijatovo Ambony, l’agence d’Ambatonakanga, le data center d’Antsahavola et le Centre médico-social. Le syndicat a ensuite annoncé son intention d’étendre ces coupures aux sous-stations ainsi que les agences en région, faisant planer la menace d’un blackout généralisé sur la capitale, selon les explications d’Anmora Ratovomanarivo, leader du syndicat.
Le SMJ justifie ses actions par “l’absence de réponses” à ses revendications, mais aussi par le fait que le ministre de l’Energie et des hydrocarbures a indiqué ne pas vouloir limiter les discussions à “une minorité”. Durant une réunion entre les deux ministères de tutelle technique, la direction générale de la Jirama et le SMJ, samedi, Ny Ando Jurice Ralitera a également proposé d’“étendre les discussions aux 14 syndicats de la compagnie et à ne pas les limiter à quelques personnes provenant d’un seul syndicat”.
Dans l’optique du ministère, ces discussions qui se veulent inclusives devraient inclure la révision des nouveaux statuts, l’audit organisationnel pour évaluer le directeur général, l’examen des demandes sociales mais aussi des dossiers des agents incarcérés et leur transmission auprès de la Justice. Mais le SMJ continue de réclamer l’abrogation des nouveaux statuts, le départ de Ron Weiss, le rétablissement de certains droits et la libération de leurs collègues mis en prison.
Dans un communiqué publié ce mardi après-midi, le ministère de l’Energie et des hydrocarbures évoque “des troubles à l’ordre public et des perturbations (…) perpétrés par le SMJ et des commanditaires” qui sont qualifiés d’“ennemis de la Nation”. Dénonçant également “la fermeture forcée d’agences, des menaces proférées à l’encontre des employés prêts à travailler ainsi que des tentatives de recruter des personnes par des moyens violents”, le ministère invite “les employés de la Jirama à ne pas céder et à défendre les intérêts de l’entreprise”. Face à ce qu’il qualifie de “différents débordements et violations de la loi”, il appelle également la population malgache à “informer immédiatement les autorités compétentes les plus proches dès qu’elle constate une situation suspecte”.














