Malgré une relative stabilisation de l’approvisionnement en carburant dans la Capitale, les régions Nord du pays, notamment Nosy Be, font face à des restrictions persistantes. Sur le terrain, les stations-service imposent des quotas stricts, limitant les motos à 7 litres maximum et les bidons, destinés aux vedettes rapides, à 280 litres sous condition de preuves d’usage professionnel. Ce rationnement, couplé à une logistique défaillante, contraint les usagers à des attentes dépassant parfois sept heures, comme en témoignent plusieurs scooters ayant fait la queue de 10h à 17h pour se voir finalement opposer une rupture de stock.
L’organisation actuelle de la distribution accentue la frustration des usagers. L’absence de segmentation par créneau horaire (triporteurs, deux-roues, véhicules légers) favorise le désordre et alimente un sentiment de psychose au sein de la population. Pour les acteurs locaux, l’enjeu ne réside pas uniquement dans la disponibilité physique du produit, mais dans la gestion technique du flux. Sans une planification rigoureuse des passages en station, même un stock conséquent ne suffirait pas à apaiser les tensions sociales générées par l’incertitude quotidienne.
L’OMH déploie une solution maritime
Face à cette situation, l’Office Malgache des Hydrocarbures (OMH) mise sur une solution maritime pour désamorcer la crise. Un navire transportant du supercarburant a accosté au port de Toamasina et le chargement d’un caboteur est actuellement en cours. Ce bâtiment doit desservir successivement les ports de Vohemar, d’Antsiranana, de Nosy Be et de Mahajanga. Selon les prévisions de la direction générale de l’OMH, un retour progressif à la normale est escompté d’ici à la fin de cette semaine pour ces zones côtières du nord du pays.
Pour Mahajanga en particulier, l’OMH indique que plusieurs camions ont déjà aussi quitté Antananarivo pour appuyer le ravitaillement des stations-service de la Cité des Fleurs et des localités environnantes. “L’approvisionnement des stations se poursuivent dans les régions en attendant l’arrivée des caboteurs”, poursuit l’OMH, appelant les consommateurs “au calme” et les invitant à n’acheter que suivant leurs besoins habituels.
Toutefois, l’efficacité de ce ravitaillement dépendra de la célérité de la chaîne logistique locale. Les usagers soulignent que la simple annonce de l’arrivée d’un caboteur ne suffit pas à stabiliser le marché. À Nosy Be, où l’économie dépend fortement de la mobilité maritime et touristique, le manque de visibilité sur les stocks réels continue de paralyser les activités économiques. La mise en place d’une organisation structurelle de la distribution reste le levier principal pour transformer ces annonces techniques en une accalmie réelle sur le terrain.
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