Antananarivo, 20 Juin, 8h50 – Dix camions de livraison de carburants destinés à Mahajanga auraient disparu en avril. Huit en mai. Le président de la République dénonce des écarts importants entre les volumes de carburant théoriquement livrés et ceux effectivement reçus sur le terrain, notamment à Mahajanga. Sur la chaîne de télévision publique jeudi soir, il donne l’exemple de 53 camions qui auraient quitté Toamasina à destination de Mahajanga en avril alors que seuls 43 camions ont été annoncés comme ayant livré leur carburant. En mai, ce sont 51 camions qui étaient censés transporter du carburant à Mahajanga, mais seuls 43 camions ont pu verser leur contenu dans les cuves.
Ces écarts ont été révélés au cours d’une enquête et d’un examen des comptes qui auraient été effectués au cours d’une réunion de quatre heures avec les responsables de la Jirama et du gouvernement jeudi. Pour le président de la République, ce sont ces écarts qui expliquent le délestage à Mahajanga, car “si tout ce carburant est correctement livré, il y aurait moins de délestage ou même pas de délestage du tout à Mahajanga”.
Dénonçant des “mauvaises pratiques” perpétrées par “un réseau qui détruit la Jirama et le pays avec ce que cela suppose de conséquences sur le public”, le chef de l’Etat annonce des sanctions contre ceux qui sont derrière ces “disparitions”. “Je vais moi-même prendre les choses en main et j’enverrai le Bianco (Bureau indépendant anti-corruption), la cour des comptes et d’autres responsables pour procéder à des vérifications”, martèle-t-il. En attendant, il annonce la mise en place d’un comité de gestion et la consignation dans des registres par tous les responsables concernés de toutes les livraisons effectuées.
Dans son intervention, le chef de l’Etat laisse néanmoins entendre que “du carburant qui est censé être envoyé à Mahajanga est utilisé à Antananarivo et à Antsiranana où le volume de carburant consommé est indiqué à la hausse”. “Sauf que malgré cette hausse, le délestage empire, ce qui n’est pas logique”, poursuit encore Andry Rajoelina. Il estime que le délestage ne devrait pas être aussi important qu’il ne l’est aujourd’hui car Madagascar n’est pas encore tout à fait en période d’étiage. “C’est en septembre et en octobre que l’étiage doit être important”, estime-t-il, insistant que l’eau ne manque pas tellement encore.














