Antananarivo, 17 Juin, 8h30 – Madagascar avait enregistré un taux d’accès à l’électricité de 36% en 2022. Ce qui place la Grande île à la neuvième place des pays les moins électrifiés au monde présentés dans le rapport de suivi de l’ODD 7 ou « Tracking SDG 7 ». Il s’agit d’une publication annuelle dirigée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui suit les progrès réalisés au niveau mondial pour l’atteinte de l’objectif de développement durable (ODD) 7, visant à garantir une énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous.
Comme indiqué dans ce rapport, les taux d’accès nationaux les plus bas en 2022 ont été observés au Soudan du Sud qui était à 5,4% et au Burundi avec 10%. Ce sont deux pays qui n’ont connu que de légères augmentations depuis 2010, précise ce document.
Madagascar et la Tanzanie, en revanche, ont connu une croissance annuelle moyenne de plus de 2 points de pourcentage par an depuis 2010, bien qu’ils soient partis d’un niveau de base peu élevé. Hormis le Nigéria, le Pakistan et le Kenya, les pays ayant les taux d’électrification les plus faibles en 2022 font partie du groupe des Pays les moins avancés (PMA).
Madagascar se trouvait également à la huitième position des pays présentant les déficits d’accès à l’électricité les plus importants qui ont été classés dans ce rapport, avec 18,9 millions d’habitants n’y ayant pas accès en 2022. 18 des 20 pays présentant les déficits d’accès les plus importants se trouvaient d’ailleurs en Afrique subsaharienne. Les trois premiers étant le Nigeria (86 millions), la République démocratique du Congo (78 millions) et l’Éthiopie (55 millions) qui représentent près d’un tiers de l’ensemble du déficit mondial.
Ce rapport annuel suit les progrès accomplis au niveau mondial dans la réalisation de l’objectif de développement durable 7 des Nations unies et sert de guide aux décideurs politiques et à la communauté internationale pour faire progresser l’accès à l’énergie, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la coopération internationale. Dirigé par l’AIE, ce rapport est produit conjointement par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) en collaboration avec la Division de statistique des Nations unies (UNSD), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La Banque mondiale avait approuvé au mois d’avril 2023 un crédit de 400 millions de dollars pour le projet Connectivité numérique et énergétique pour l’inclusion à Madagascar (Decim). C’est un projet qui devra contribuer à doubler l’accès à l’énergie de 33,7 % à 67 % du pays. L’atteinte de cet objectif repose sur des investissements ciblés, et nécessite des réformes cruciales. Ceci afin de permettre à 10 millions de personnes, dont 2 millions de ménages et plus de 150 villages de communautés mal desservies, d’avoir accès à l’électricité.
Lors de l’annonce de ce projet, la Banque mondiale avait estimé à 33,7 % le taux d’accès à l’électricité de la population malgache, contre une moyenne de 48,4 % pour l’Afrique subsaharienne en 2020. Cette institution financière avait indiqué l’année dernière qu’avec plus de 18 millions de personnes n’ayant actuellement pas accès à l’électricité, Madagascar se trouvait au 13e rang des pays ayant la plus grande population non électrifiée au monde.














