Antananarivo, 4 Avril, 15h40 – La Gendarmerie nationale sort de son silence après la fuite d’une consigne téléphonique du président de la République. Elle distille quelques détails sur le sujet et évoque la poursuite de l’enquête autour de « dix à quinze personnes », selon le général Mbina Nonos Mamelison, directeur de la police judiciaire auprès de la Gendarmerie nationale.
« Au moins 80 personnes font l’objet d’une enquête », affirme le DPJ auprès de la Gendarmerie nationale, à la presse à Andrefan’Ambohijanahary mardi matin. A entendre cet officier général, ces responsables au sein de la Gendarmerie ont pu accéder à l’enregistrement sonore « partagé par le SEG [le général Serge Gellé, secrétaire d’Etat à la gendarmerie] pour transmettre une consigne ». « Il s’agit d’une conversation entre le président de la République et le SEG que ce dernier a partagé dans un groupe WhatsApp », poursuit-il.
Le général Mbina Nonos Mamelison indique également que les enquêteurs s’intéressent sur la divulgation de l’enregistrement. « Cela pourrait être le fait d’un simple citoyen, d’un gendarme ou d’autres éléments de forces de l’ordre », avance-t-il. L’enquête voit la participation de la DPJ, de la direction du système d’information et de télécommunication et le service de la lutte contre la cybercriminalité au sein de la Gendarmerie nationale.
Une consigne présidentielle, transmise par téléphone à la suite d’une manifestation à Sambava et d’une grève des étudiants à Vontovorona, avait circulé sur les réseaux sociaux il y a quelques jours. Le général Serge Gellé, avait demandé pardon « en mon nom personnel et au nom de la Gendarmerie », ce week-end à Antsirabe lors de la journée de la Gendarmerie.
Parlant de lui à la troisième personne, il paraphrase les paroles d’une cantique pénitentielle catholique et reconnaît que « le SEG est un homme, il peut faire des erreurs, il n’est pas parfait, pardonnez-le, il le demande en son nom personnel et au nom de la Gendarmerie nationale ». Pour le général Serge Gellé, il doit prendre les responsabilités de formuler les excuses par rapport « aux erreurs que les collaborateurs peuvent commettre » en tant que « symbole visible du corps et en tant que celui qui prend les engagements ».














