Antananarivo, 26 Octobre, 15h30 – « Le logiciel Predator et son utilisation à des fins autres que la sécurité publique sont des actes relevant des ennemis de la Nation et des envahisseurs ». La section tananarivienne du syndicat des enseignants chercheurs et des chercheurs enseignants (Seces Tana) réagit à l’acquisition par l’Etat malgache du système d’espionnage Predator. Elle dénonce que ce matériel ait été utilisé à des fins qui ne relèvent pas de la sécurité publique.
« Les avantages de Predator ne se ressentent pas au niveau de la population qui est souveraine et qui est propriétaire des fonds avec lesquels il a été acquis », soulève le Seces Tana dans un communiqué publié mercredi. « Il semble affecté à d’autres fins », poursuit-il, en rappelant que « les autorités avaient indiqué que le matériel avait été acquis pour assurer la sécurité intérieure ». Or, « nous constatons, de plus en plus, que l’insécurité est de plus en plus présente partout dans la Grande île », ajoute encore le syndicat.
Dénonçant également un achat qui n’est pas prévu dans les lois de finances et dont la population n’a pas été informée, le Seces Tana invite les spécialistes et les experts à agir pour neutraliser le système Predator. « Nous appelons les spécialistes à perturber le fonctionnement de ce logiciel », poursuit le communiqué.
Lors d’une interview accordée aux chaînes publiques françaises, France 24 et RFI, le président sortant Andry Rajoelina avait reconnu que l’Etat malgache avait effectivement acheté le système d’espionnage Predator. Il avait indiqué que l’acquisition s’est faite dans un « cadre légal », et que Madagascar, comme tout pays du monde a le droit d’utiliser les voies et moyens qui lui permettent de « protéger le pays contre toute attaque intérieure ou extérieure ».
A en croire Andry Rajoelina, le système Predator avait comme objectif d' »éradiquer et démanteler tout ce qui est réseau de corruption » et avait également permis de démanteler le réseau de kidnapping à Madagascar. Il avait également assuré que les autorités « n’écoutent pas les opposants », et que ce qui a été fait avec l’outil était des « interceptions légales ». Il avait également évoqué une version d’essai dont le matériel n’avait pas été utilisé dans sa totalité et qui avait été rendu en France depuis.
Photo d’illustration/ Seces Antananarivo














