Antananarivo, 5 Décembre, 13h15 – La société civile interpelle. Lors d’un point de presse lundi, un collectif d’organisations de la société civile qui regroupe Alliance Voahary Gasy (AVG), Transparency International Initiative Madagascar (TI-MG) et Initiative pour le développement et la restauration écologique et l’innovation (INDRI) dénonce une nouvelle fois le traitement des lanceurs d’alerte écologique à Madagascar.
“Les défenseurs de l’environnement sont confrontés à l’intimidation, au harcèlement, voire à des peines de prison, qui relèvent de l’oppression des citoyens”, lance le collectif. “Nous appelons à une prise de responsabilité immédiate pour faire cesser ces pratiques honteuses qui sont des violations des droits fondamentaux de leurs cibles”, ajoutent-ils.
Pour appuyer leurs propos, les OSC relatent les mésaventures récentes de certaines personnes considérées comme des lanceurs d’alerte. Le plus récent est le cas de Thomas Razafindremaka du côté d’Ihosy, défenseur environnemental et lanceur d’alerte anti-corruption qui a été condamné le 20 novembre par le Pôle anti-corruption à deux ans de prison ferme pour « escroquerie et usurpation de titre ».
La société civile a tenu à lancer cet appel alors que Madagascar participe actuellement au à la conférence des Nations unies sur le climat, le COP 28. “COP après COP, les représentants du pays prennent des engagements sur la protection de l’environnement”, lancent les OSC. “Parmi ces engagements figure l’obligation pour l’Etat de protéger les activistes environnementaux”, ajoutent-ils. Les OSC indique noter depuis des années “une forte dégradation de la situation des défenseurs de l’environnement à Madagascar”.
Ainsi, les OSC réitèrent leur appel à la mise en place d’une loi pour protéger “les lanceurs d’alerte” à Madagascar. “Ceci marquerait avec force un nouveau cap salutaire, que nous serions les premiers à saluer” indique toujours la plateforme. Ils demandent aussi aux partenaires de Madagascar “un renforcement des mécanismes d’appui à la société civile et aux lanceurs d’alerte” et “que la protection des lanceurs d’alerte fasse partie des conditionnalités pour l’appui budgétaire à Madagascar”.
Photo : Transparency International Initiative Madagascar.














