Au moment où la protection de l’environnement et la lutte contre la déforestation deviennent un sujet crucial pour le pays, le bambou apparaît comme étant une plante idoine pour se substituer au charbon de bois pour la cuisson alimentaire.
On connaît le bambou comme étant un matériau servant à fabriquer des meubles, des cases ou encore pour faire des enclos. Les pousses sont également jugées saines pour l’alimentation. Mais la plante peut également à contribuer à protéger l’environnement pour Madagascar.
«On peut obtenir des bûches et des charbons à partir du bambou », certifie Jean Yves Razafindrakoto, responsable technique filière bambou au sein du Programme de soutien aux pôles des micro-entreprises rurales et aux économies régionales (PROSPERER), lors de la célébration de la journée mondiale du bambou, à Antaninarenina, mardi.
Le bambou constitue une source d’énergie propre respectueuse de l’environnement. Le charbon de bambou ne nécessite que 17 heures de combustion pour fabriquer du charbon alors que les autres arbres réclament trois jours pour le même résultat.
La plante présente des avantages pour la protection de l’environnement. « Elle apporte deux éléments importants pour l’environnement. Elle consiste à la séquestration de carbone face aux changements climatiques », vante Jean Yves Razafindrakoto. Le bambou ne produit pas de fumée ni de gaz carbonique, réduisant les risques de maladies respiratoires pour les utilisateurs des briquettes de bambou. « Celui-ci contribue également à la protection du sol contre l’érosion », poursuit le responsable technique de la filière bambou du PROSPERER.
« Actuellement, on est parvenu à planter 167 hectares de bambou. Madagascar a également accepté de planter 4000 hectares par an jusqu’en 2030 »
La Grande île peut ainsi exploiter cette ressource, facile à cultiver et génératrice de revenus. Depuis 2010, des efforts ont été déjà réalisés pour développer la filière. « Actuellement, on est parvenu à planter 167 hectares de bambou. Madagascar a également accepté de planter 4000 hectares par an jusqu’en 2030 », note Jean Yves Razafindrakoto.
Le bambou constitue ainsi une piste de solution crédible contre la déforestation. Selon le ministère de l’Environnement, des eaux et forêts, plus de 92% des ménages utilise le bois énergie comme énergie de cuisson quotidienne. Pour Guy Venance Randriantefiarison, ministre de l’Environnement, des eaux et forêts, cette situation « se traduit par un recul significatif de la couverture forestière », dans un communiqué de présentation de la Stratégie nationale d’approvisionnement en bois énergie (SNABE). « La couverture forestière est passée de 9 455 350 ha en 2015 à 8 845 509 ha en 2013 », toujours selon le communiqué.














