Antananarivo, 13 Décembre, 18h30 – Un nouveau bâtiment, toute une équipe de commissaires d’exposition et des artistes étrangers pour honorer Madame Zo et ses oeuvres. Celle qui tisse les pailles de riz et les bandes magnétiques, les circuits intégrés et les fils de fer, ou la tisserande des « mariages improbables » revient pour une exposition postume. 900 m² fraîchement rénovés, dans un bâtiment de style colonial sis à Ambatomena, seront consacrés par la fondation H à ses oeuvres à partir du 28 avril 2023.
Des commissaires d’exposition de grande renommée s’attellent à la tâche pour cet hommagerendu à une grande dame de l’art contemporain. Alya Sebti, directrice d’Ifa-Galerie à Berlin, Bérénice Saliou, directrice de Documents d’Artistes à La Réunion et Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, directeur de la Haus der Kulturen der Welt, mettent la main à la patte en l’honneur de cette icône. « Cette exposition sera constituée d’au moins une soixantaine d’oeuvres inédites puisées dans la collection privée de Madame Zo », confie Hobisoa Raininoro, responsable de la programmation à la Fondation H. « On a toujours voulu le faire depuis que Madame Zo nous a quitté”, continue-t-elle. “Avec ce bâtiment le moment est venu de la mettre de nouveau sur le devant de la scène”, poursuit-elle encore.
Le 14 Juillet 2020, Madame Zo disparaît en laissant derrière elle un corpus d’ouvrages remarquables. Si le tissage est un art traditionnel, cet artiste l’a réinventé. Ses œuvres débordent le textile. Dans une démarche innovante, elle se saisit de tout ce qu’elle trouve. Tout y passe, le minéral ou l’organique, le neuf ou le recyclé, dans un enchevêtrement maîtrisé où l’usage se défait, l’utilité se brise et se réinvente. Par ses œuvres, elle a été la vitrine de l’art contemporain malgache, son emblème à travers le monde. Dès l’année 2000, elle expose au Biennale de D’akart. En 2004 c’est le National Museum of African Art de Washington qui accueille ses œuvres. En 2007, elle participe à la triennale de la Tapisserie en Pologne. Elle a également remporté le prix Paritana 2020.
Pour accompagner cette grande dame de l’art contemporain, des grands talents sont également invites à l’exposition. Il s’agit, entre autres, des plasticiennes, Amina Agueznay (Maroc), Masami (Japon/La Réunion) et Grace Dorothée Tong (Cameroun), qui sont très proches de Madame Zo quant aux matières travaillées et l’intérêt pour le tissage. Ensemble, ils travailleront autour de ses œuvres pour faire de la date du 28 avril 2023 le début d’une exposition hors-norme pour une artiste hors-pair.