Antananarivo, 3 Décembre, 11h00 – Déblocage conditionné. Les deuxième et troisième tranches de l’Appui aux politiques de développement (DPO) de la Banque mondiale pour Madagascar sont toujours bloquées ou en attente. La deuxième tranche n’a pas encore été décaissée faute de mise en application effective des réformes qui avaient pourtant été déjà formellement adoptées. Et le troisième appui ne pourra être discuté tant que le deuxième n’est pas réglé. Le représentant de la Banque mondiale à Madagascar, Atou Seck, en avait fait le point, lors d’une rencontre avec la presse, mardi.
Au total, 200 millions de dollars sont en attente. Le DPO avait été convenu entre Madagascar et la Banque mondiale en 2023. Elle vise à renforcer la gouvernance et la résilience macro-budgétaire ainsi qu’à améliorer le climat d’investissement et approfondir les réformes structurelles dans les secteurs critiques comme la connectivité numérique, l’énergie et les mines. Cette DPO devrait fournir trois tranches de 100 millions de dollars chacune, en soutien budgétaire sur la période 2023-2025.
Une première tranche de cet appui avait déjà été décaissée en juin 2023. “Nous avons donné le premier appui budgétaire. Nous nous sommes toutefois rendus compte que les réformes qui ont été adoptées n’étaient pas mises en application”, regrette Atou Seck, en prenant l’exemple des réformes prévues dans le secteur des télécommunications. “Nous n’avons ainsi pas encore décaissé ce second appui budgétaire. Et il faudrait le régler pour pouvoir parler du troisième appui”, a-t-il exposé.
“Nous attendons, nous ne forçons pas », précise ce représentant de la Banque mondiale. Il se veut d’ailleurs optimiste par rapport à la volonté du Gouvernement actuel d’accélérer les réformes. Atou Seck souligne également que toutes les réformes appuyées par la Banque mondiale sont transparentes et peuvent être rediscutées si la population estime qu’elles ne sont pas bénéfiques pour le pays. Le représentant de cette institution financière est formel, assurant que “quand on avance dans une réforme, il y a toujours une pression parce qu’il y a un gagnant et un perdant”.














