Antananarivo, 23 Décembre, 15h00 – L’Etat et le secteur privé s’entendent sur un nouveau contrat fiscal. Chaque exonération appelle dorénavant à une obligation de performance pour le secteur économique bénéficiaire. Ces contreparties ont toutefois fait l’objet de long débat, lors du lancement du septième Rapport national sur le développement humain (RNDH), la semaine dernière.
Cette nouvelle orientation en matière de politique fiscale se base sur des analyses de coûts et bénéfices, explique le ministre de l’Economie et des finances, Herinjatovo Ramiarison. Lorsqu’une exonération perd sa fonction de levier, elle se transforme mécaniquement en rente, expose-t-il. Il soutient alors qu’il “faudrait éliminer celles qui ne sont pas productives pour qu’elles ne deviennent pas un coût pour l’économie”.
Le Fonds monétaire international (FMI), par le biais de son représentant résident à Madagascar, Eklou Kodjovi, insiste sur la rationalisation de ces dépenses fiscales. L’exercice consiste en premier lieu à trier les exonérations, puis de garder celles qui génèrent réellement de l’investissement. Celles qui sont des « pertes sèches » pour l’État devraient pour leur part être supprimées, suggère-t-il.
Pour l’année 2026, c’est au secteur privé qu’est confiée la tâche de choisir les exonérations qui devraient être supprimées. Mais la présidente du Jeune patronat de Madagascar (JPM), Lilia Randriamifidimanana ne manque pas de soulever la complexité de la mise en œuvre et le manque de marge de manœuvre réelle de cette disposition.
La présidente du JPM déplore une certaine incohérence. Comme soulevé par cette jeune entrepreneure, l’État impose des “zones rouges” en maintenant notamment les exonérations pour les importations du riz ou de certains produits de première nécessité pour des raisons sociales et politiques. Or cela réduit le débat à un “petit carré” de décisions qui ne permet pas de traiter les grands enjeux économiques de fond, explique-t-elle
Des efforts de productivité sont attendus des secteurs qui bénéficient d’exonérations fiscales, martèle le ministre Herinjatovo Ramiarison. “Comme quoi, les exonérations, les subventions octroyées s’annulent avec les gains de productivité à long terme”, avance-t-il. Ce membre du Gouvernement parle d’obligation de performance. Mais pour Lilia Randriamifidimanana du JPM, “cette obligation de performance doit être une responsabilité partagée entre le secteur privé et le secteur public”














