L’équipe iranienne est bel et bien arrivée dimanche à Los Angeles à la veille de son entrée en lice dans le Mondial. Et bien que la Team Melli explique qu’elle soit là pour le foot, « pas pour la politique », le match qui l’opposera aux All Whites de la Nouvelle Zélande ce lundi soir (mardi à 4h00, heure de Madagascar) devrait se dérouler sous haute surveillance après des mois de spéculations liées à la guerre au Moyen-Orient.
La sélection iranienne a bien atterri dimanche à Los Angeles peu après 13h00 (20h00 GMT, 23h00 heure de Madagascar). Son avion avait décollé une quarantaine de minutes plus tôt de Tijuana, ville mexicaine frontalière où l’équipe a finalement posé ses valises dimanche 7 juin, alors qu’elle avait initialement choisi Tucson (Arizona) comme camp de base.
La sélection iranienne était réglementairement tenue par la Fifa d’arriver au plus tard dimanche à Los Angeles, afin de se plier à ses obligations médiatiques à la veille de son match contre la Nouvelle-Zélande. « Tout le monde peut avoir sa propre opinion, mais nous sommes là pour le football, pas la politique », a déclaré l’attaquant vedette de la Team Melli, Mehdi Taremi, lors d’une conférence de presse au SoFi Stadium, au cours de laquelle les Iraniens avaient annoncé qu’ils ne parleraient que de football.
Débuter le Mondial à « Tehrangeles », un des surnoms de Los Angeles en raison de l’importante communauté iranienne qui y vit, pourrait sembler un avantage, mais une grande partie de la diaspora considère la sélection comme un instrument de propagande de la République islamique. D’importantes manifestations avaient été organisées en janvier dans la mégalopole californienne pour dénoncer l’écrasement d’un nouveau soulèvement populaire en Iran qui a fait des milliers de morts.
« Je sais qu’il y a une large diaspora à Los Angeles, je suis heureux qu’ils viennent nous voir, j’espère qu’ils vont prier pour nous, j’espère qu’ils vont nous encourager et j’espère qu’on les récompensera avec un bon match », a déclaré pour sa part le sélectionneur Amir Ghalenoei. « Nous sommes là pour jouer au foot, avec respect pour les Iraniens au pays ou à l’étranger. »
Des appels à manifester lundi à Inglewood, autour de ce stade ultra-moderne de 70 000 places ont été lancés, et beaucoup devraient agiter l’ancien drapeau de l’Iran, celui d’avant la révolution islamique, qui est orné d’un lion et d’un soleil. Une vingtaine de manifestants se sont rassemblés dimanche en fin d’après-midi près du stade de Carson où la sélection s’entraînait.
Certains protestataires pourraient aussi s’inviter à l’intérieur de l’enceinte et huer l’hymne iranien, comme au Qatar en 2022, laissant planer la menace de tensions sur la rencontre. Le ministre iranien des Sports, Ahmad Donyamali, a prévenu que l’Iran surveillerait particulièrement « drapeaux et slogans », menaçant de l’arrêt du match en cas de symboles hostiles à la République islamique.
Et samedi, le président de la fédération iranienne de football Mehdi Taj a rappelé qu’il était de la responsabilité de la Fifa de s’assurer que le drapeau actuel soit le seul visible dans les enceintes du Mondial. Le règlement de la Fifa interdit tout accessoire de « nature politique » dans les stades. Mais son application a été à géométrie variable lors des précédents tournois et nul ne sait comment les opposants munis de billets seront traités.
La Team Melli, elle, doit disputer ses trois matches du groupe G aux Etats-Unis, le deuxième aussi à Los Angeles le 21 juin contre la Belgique, et enfin le troisième à Seattle le 26 juin contre l’Egypte. 20e au classement Fifa, l’Iran tient une belle occasion de briller lundi contre la Nouvelle-Zélande, seulement 85e nation mondiale et à la recherche d’un premier succès en Coupe du monde.















