Antananarivo, 3 Juillet, 18h30 – Madagascar espère un premier décaissement d’environ 60 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre du programme sur la Facilité de la résilience et de la durabilité (FRD) cette année. L’adoption par l’Etat de deux réformes, à savoir la révision du statut du Comité interministériel de l’environnement (Cime) et la refonte du décret de Mise en compatibilité des investissements avec l’environnement, prévue avant le mois d’octobre permettra à la Grande île de bénéficier de cette enveloppe, d’après ce qu’avait avancé le ministre de l’Environnement et du développement durable, Max Fontaine. C’était lors d’une rencontre entre ce membre du Gouvernement et des membres de la presse, ce mercredi.
La loi des Finances rectificatives (LFR) 2024 prévoit des soutiens financiers dans le cadre du programme au titre de la FRD de 40,7 millions de DTS. Mais comme précisé dans ce document budgétaire, cet appui du FMI est conditionné par des mesures à prendre sur l’environnement. Les financements inscrits dans une loi de Finances, dont l’élaboration consiste en un acte de prévision, « ne sont d’ailleurs pas acquis à l’avance », avait récemment expliqué la ministre de l’Economie et des Finances, Rindra Rabarinirinarison.
Le ministère de l’Environnement et du développement durable (MEDD) intensifie actuellement les travaux afin d’atteindre les objectifs quantitatifs et les repères structurels prévus pour la FRD cette année. Les réformes à entreprendre dans un premier temps consiste à renforcer la gouvernance de l’agenda de lutte contre le changement climatique et l’intégrer dans les procédures relatives à la Gestion des finances publiques (GFP) et à la gestion des investissements publics (GIP). Elles comprennent donc la révision du statut du Cime et la refonte du décret Mecie.
Pour le statut du Cime, ce premier repère concerne la gouvernance des politiques climatiques et s’articule autour de l’adoption d’un décret clarifiant le mandat interministériel pour l’environnement afin de couvrir toutes les politiques relatives au changement climatique. D’après le FMI, ce décret prévoirait normalement une présidence de ce Comité qui devra être assurée au niveau du Premier ministre, la tenue de réunion semestrielle donnant lieu à des comptes-rendus publics pour suivre la mise en œuvre des décisions relatives aux politiques liées au climat et la mise en place d’un secrétariat partagé entre le ministère en charge de l’Environnement et celui en charge des Finances.
Le deuxième repère vise à renforcer le cadre de la gestion des investissements publics à travers l’adoption d’un nouveau décret sur l’Étude d’impact environnemental pour remplacer le décret Mecie datant de 2004. Il consiste également à adopter et à publier des critères sur la priorisation et la sélection des projets d’investissement. D’autres repères, comme l’adoption d’un décret rendant obligatoire la production chaque année d’un document budgétaire recensant les projets d’investissement sélectionnés sont également tenus en compte. C’est l’atteinte de ces différents repères qui conditionnera les futurs décaissements au titre de la FRD en faveur de Madagascar.
Le Conseil d’administration du FMI avait approuvé un accord au titre de la FRD, d’un montant d’environ 321 millions de dollars, au mois de juin. Cet arrangement devra permettre à Madagascar de répondre aux vulnérabilités climatiques du pays par la mise en œuvre de politiques climatiques appropriées.














