Antananarivo, 21 Octobre, 18h10 – Turbulences au tarmac. Le personnel de la société des Aéroports de Madagascar (Adema) revient à la charge pour réclamer à Ravinala Airports le règlement des arriérés de redevances de concession liées à la gestion des aéroports internationaux d’Antananarivo et de Nosy-Be. Ils ont porté l’urgence de leur requête directement depuis l’aéroport d’Ivato, lundi.
Le personnel de l’Adema avait rappelé que la gestion des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be, qui assurait jusque-là le financement et le bon fonctionnement des 55 autres plateformes aéroportuaires nationales, avait été transférée à Ravinala Airports, en 2015. Ce transfert de gestion s’est accompagné d’une obligation de redevance annuelle de concession.
Ces agents de l’Adema indiquent pourtant n’avoir plus perçu de redevance de concession de la part de Ravinala Ariports depuis 2020. Et ce, bien que ces redevances soient exigibles annuellement en contrepartie de l’exploitation des deux aéroports concédés. Le montant du litige rapporté s’élève depuis à 16 millions d’euros, soit environ 80 milliards d’ariary d’arriérés de concession.
Il s’agit, alors pour le personnel de l’Adema, d’un “manquement” qui “constitue un obstacle majeur à l’exécution des missions de l’Adema à laquelle l’Etat a confié la construction, la gestion et le développement des aéroports et aérodromes nationaux”. C’est pourquoi ils ont exigé avec la “plus grande fermeté le règlement des sommes dues et sans délai”.
Face à l’ultimatum lancé, Ravinala Airports a réagi ce mardi pour balayer l’accusation d’arriérés mais surtout pour recentrer le débat sur son contrat de concession pour les deux aéroports principaux de Madagascar. Sandrine Rahantamalala, chef de département communication de ce consortium, a souligné que cet accord de partenariat public-privé ne stipule nullement un paiement direct à l’Adema.
“Les redevances de concession sont versées directement à l’Etat malgache”, précise-t-elle. Charge ensuite à celui-ci de le reverser à l’Adema. Elle poursuit que l’Adema siège d’ailleurs au Conseil d’administration de Ravinala Airports pour être “pleinement au courant de ce mode de paiement”.
Sandrine Rahantamalala souligne par ailleurs qu’en tant que gestionnaire d’aéroport, Ravinala Airports doit percevoir des redevances de la part des compagnies aériennes. Or, Ravinala Airports n’avait plus perçu de redevances venant d’Air Madagascar depuis 2019, compte tenu de la situation financière de la compagnie nationale, révèle-t-elle.
“Il est prévu qu’en cas de non-paiement par Air Madagascar de nos redevances, un système de compensation est activé. Cette compensation nous permet de déduire la somme non payée par la compagnie nationale des redevances que nous devons verser à l’État”, rappelle-t-elle.
Ravinala Airports assure ainsi “s’être acquittée intégralement de cette redevance de concession”, avec ce système de compensation mais également par paiement direct. Ce consortium renvoie ainsi l’Adema vers l’Etat pour réclamer son dû, tout en indiquant néanmoins rester pleinement disposé à échanger dans la clarification de la situation.














