Antananarivo, 11 Octobre, 15h27 – « Plus de dépenses que de recettes ». Le cabinet Rystad Energy qui a travaillé avec le Fonds mondial pour la nature (WWF) sur une série de diagnostics énergétiques rapporte que les investissements pétroliers à Madagascar, autres que Tsimiroro, sont « des investissements à perte ». Ce cabinet indique avoir basé cette conclusion d’un point de vue économique et en considérant le scénario de prix pour les différents gisements à Madagascar.
Le cabinet Rystad, comme le rapporte le WWF sur son site officiel, estime que déjà « il y a peu de chance que les besoins en produits pétroliers de Madagascar soient satisfaits par l’exploitation des ressources pétrolières et gazières locales ». Mais encore, ce cabinet estime qu’il y a « un risque que l’investissement ne sera pas récupéré », en soutenant que « les coûts d’investissements requis sont supérieurs aux prix du baril sur le marché ». Les deux parties mettent en avant la transition globale vers une économie à faible émission de carbone qui est en cours, qui pourrait entrainer la chute du prix du pétrole.
Madagascar dispose pourtant de cinq bassins sédimentaires, couvrant une superficie totale de 821.377 km2, dont 263.912km2 onshore et 557.456km2 offshore, comme le rappelle l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) Madagascar dans son rapport assoupli 2019-2020. Ces bassins sont sous-explorés puisque 85 puits profonds à objectif d’huile légère, c’est-à-dire de pétrole conventionnel et de gaz, y ont été forés à ce jour, dont neuf en offshore et 75 en onshore. D’importants indices d’hydrocarbures ont été trouvés dans 65% des puits.
Pour le pétrole non-conventionnel, à savoir les grès bitumeux de Bemolanga et l’huile lourde de Tsimiroro, 741 puits peu profonds ou sondages-carottés y ont été forés. Le gisement dans le bloc pétrolier 3104 de Tsimiroro, à lui seul, est estimé à 1,47 milliards de barils. Seule Madagascar Oil est en phase d’exploitation de ses bocs pétroliers à Madagascar. Les autres compagnies pétrolières amont de la Grande île restent encore dans la phase d’exploration.
Photo d’illustration : WWF Madagascar














