Les prix du sans-plomb et du gasoil ont baissé le samedi 18 janvier. Pour les autorités, c’était le premier mouvement du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants. Les changements vont désormais s’opérer tous les mois en fonction de divers paramètres. Lesquels? Le point dans la vidéo ci-dessous.
Samedi 18 janvier.Les prix du supercarburant sans-plomb et du gasoil ont baissé.Cette baisse est le premier mouvement enregistré dans le cadre de la mise en oeuvre du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants.Donc, à partir du mois prochain, les prix devraient commencer à changer tous les mois.Le changement va tenir compte des prix internationaux du carburant, mais aussi du cours du dollar.
“100% des carburants que nous utilisons à Madagascar sont importés de l’étranger. Or, le prix fluctue sur le marché international.Donc, le cours des produits affinés, comme le gasoil ou l’essence, fluctue aussi en fonction de cela. Donc, même si on fixe les prix, nous sommes tenus de tenir compte de l’aspect économique.
Il faut noter que l’ajustement automatique des prix ne signifie pas que ce sera toujours une augmentation. Parce que le cours international fluctue: parfois cela augmente, parfois cela baisse. Puis, il y a le taux de change, le deuxième grand paramètre à prendre en compte dans le calcul parce que les carburants sont des produits importés, donc, quand nous convertissons le prix en ariary, il faut aussi tenir compte du cours de change”, a expliquéOlivier Jean-Baptiste, ministre de l’Energie et des hydrocarbures
Les prix des carburants vont donc varier en fonction du prix international du baril et du cours du dollar.Mais ces prix sont aussi composés de plusieurs autres éléments.Selon le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Olivier Jean-Baptiste, la structure des prix ne change pas. « Donc, la structure des prix ne change pas sur le principe. Cela suit toujours la logique, le cheminement du carburant. Cela commence par le cours international, le transport maritime, l’assurance, les frais de débarquement, les frais logistiques pour la distribution puis les différents frais et marges des pétroliers », continue-t-il d’expliquer..
Les prix pris en compte pour calculer les prix à la pompe sont la moyenne des prix internationaux du mois M-2.Idem pour le taux de change qui sera utile au moment de convertir les prix internationaux en ariary.
« Dans le principe du calcul des prix, il faut donc prendre les cours internationaux de M-2 (d’il y a deux mois).On prend la moyenne du mois M-2 du cours international. Parce que l’opérateur peut acheter en début de mois, puis le 10 du mois, ou alors le 20 du mois. En fonction du rythme et de la rotation du bateau. Donc, on prend la moyenne du mois entier. L’avantage de la moyenne du mois, c’est pour éviter les fluctuations brusques. Parce qu’en un mois, en cas de changement du contexte international, en deux trois jours, cela peut augmenter, puis quelques jours après, cela va baisser. Puis, cela va se stabiliser. Donc, on va le prendre sur la moyenne pour que cela soit lissé sur un mois », explique toujours le membre du gouvernement.
« Pour le taux de change, il faut aussi tenir compte d’une période car en vue d’importer le carburant, les compagnies pétrolières doivent acheter des devises au quotidien pour constituer le fonds nécessaire à l’importation. Et donc, il faut tenir compte de cette période et non du prix à l’instant T », a fait savoir Olivier Jean Baptiste.
Les prix des carburants sont constitués de plusieurs composantes.
Une fois arrivés au port, la première composante est le prix de référence frontière.
Cette rubrique inclut :
- Le prix CAF calculé, c’est à dire le prix du carburant à son arrivée à la frontière,
- Plus les frais d’approche incluant les pertes sur le transport maritime, la lettre de crédit, les frais de débarquement, les droits de port et les frais d’inspection à l’arrivée du navire.
Pour fixer les prix affichés à la pompe, d’autres composantes vont être ajoutées au prix de référence frontières.
- Il s’agit d’abord de la taxe sur les produits pétroliers qui est de:
- 503 ariary par litre pour le super-carburant,
- 228 ariary par litre pour le gasoil,
- 10 ariary par litre pour le pétrole lampant.
- Viennent ensuite les frais de passage au terminal importation de Toamasina qui couvre les coûts des prestations dus par les distributeurs à l’exploitant du terminal Toamasina pour toutes les opérations effectuées à partir du déchargement du navire jusqu’au chargement des moyens de transport destinés à acheminer les produits vers leurs destinations respectives. Ces frais sont fixés à 44,50 ariary par litre,
- Les pertes sur le passage au terminal sont aussi incluses dans le coût, mais des seuils sont fixés pour chaque produit:
- 0,45% du prix de référence frontière pour le supercarburant,
- 0,12% du prix de référence frontière pour le gasoil,
- Et 0,23% du prix de référence frontière pour le pétrole lampant.
- Il y a également les frais de passage péréqué au système logistique qui sont constitués des frais et marges des exploitants du système logistique et qui s’élèvent à 277 ariary par litre.
- Les pertes sur le passage au système logistique ont également un coût, et les seuils tolérés dans la structure des prix sont:
- 0,86% du prix de référence frontière plus les frais de passage au terminal pour le supercarburant,
- 0,25% du prix de référence frontière plus les frais de passage au terminal pour le gasoil,
- 0,35% du prix de référence frontière plus les frais de passage au terminal pour le pétrole lampant
- Les prix incluent également
- les frais et marges des distributeurs en gros qui sont de 415,40 ariary par litre.
- Les frais de livraison dans les zones situées aux alentours de 15km des dépôts qui sont fixés à 22 ariary par litre
- Les frais et les marges des détaillants qui sont de 75,73 ariary par litre,
- Pour ce qui est des taxes et des redevances, en dehors des taxes sur les produits pétroliers, il faut compter:
- La redevance environnementale qui est de 1 ariary par litre,
- La redevance OMH qui est 8,6 ariary par litre,
- La redevance allouée au fonds routier qui est de:
- 288 ariary par litre pour le supercarburant,
- 134 ariary par litre pour le gasoil,
- 0 ariary par litre pour le pétrole.
- La redevance de développement du secteur pétrolier aval fixée à
- 10 ariary par litre pour le supercarburant,
- 10 ariary par litre également pour le gasoil,
- Et 0 ariary par litre pour le pétrole lampant.
- A tout cela s’ajoute:
- La TVA douanes qui s’applique au supercarburant et au gasoil et qui s’élève à 20% du prix CAF, c’est à dire le prix à l’arrivée aux frontières, plus la taxe sur les produits pétroliers,
- Ainsi que la TVA intérieure qui s’applique toujours au supercarburant et au gasoil, et qui est de 20%.
Et ce sont toutes ces composantes ajoutées les unes aux autres qui constituent le prix réel des carburants.Dans le cadre de l’ajustement automatique des prix, si le prix réel est identique au prix à la pompe appliqué sur M-1, le prix affiché au mois M ne change pas.Si le prix réel est supérieur au prix à la pompe appliqué sur le mois M-1, le prix devrait augmenter mais l’augmentation ne doit pas dépasser 200 ariary,
Si le prix réel est inférieur au prix à la pompe appliqué sur le mois M-1, le prix devrait baisser mais la baisse ne doit pas aller au-delà de 200 ariary.














