Antananarivo, 9 Janvier, 8h50 – Madagascar figure parmi les nouveaux débouchés des grands producteurs internationaux de pâtisseries sèches et de céréales pour petit déjeuner. La Grande île serait ainsi devenue l’une des cibles privilégiées de ces multinationales pour l’écoulement de leurs surplus de production. Cette transformation du pays en zone d’écoulement d’excédents a conduit la Branche de production nationale (BPN) de ces produits à saisir l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC), l’alertant sur les dommages critiques qui seraient subis par l’industrie locale.
Une enquête de sauvegarde sur les importations de pâtisseries sèches et céréales pour petit déjeuner à Madagascar a alors été ouverte par l’ANMCC le 24 décembre 2025. Une disposition que cet organe estime justifiée par rapport aux éléments de preuves à sa disposition. Ces preuves mettaient en évidence l’existence d’un accroissement des importations et de dommage grave subi par la branche de production nationale de produits similaires et directement concurrents au produit visé. Le Comité des sauvegardes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en est déjà notifié.
Une explosion massive des importations de ces produits est rapportée. Madagascar subit une augmentation brutale et disproportionnée des importations de ces pâtisseries et céréales, facilitée par le commerce en ligne et des politiques d’exportation agressives des pays producteurs. Une hausse fulgurante de +71 points d’indice est rapportée entre 2021 et 2024. Et par rapport à la production locale, l’importation a explosé de +177 points, prouvant que le marché malgache est saturé par des produits extérieurs.
La BPN alerte sur les indicateurs face à cette situation de décharge commerciale. On parle de l’effondrement de la production, avec une baisse de 38 points en trois ans. Les producteurs locaux évoquent également la perte de parts de marché. Tandis que les importations captent +116 points de parts de marché, les producteurs locaux voient les leurs s’effondrer.
Les industriels locaux déplorent des impacts sociaux et financiers lourds. Les ventes chutent de -36 points, la productivité décline de -34 points et les résultats financiers sont en chute libre de -55 points. Ce qui avait forcé ces entreprises à réduire leurs effectifs notamment en 2023.
Madagascar pourrait solliciter des mesures de sauvegarde urgentes afin de protéger sa souveraineté productive. Ce qui pourrait l’épargner de devenir un simple réceptacle pour les surplus industriels étrangers.
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