Antananarivo, 11 Août, 18h15 – Un avion bombardier d’eau. Des drones dotés de caméras haute résolution. Des sacs à eau. Des citernes. Des motopompes. Les moyens des acteurs malgaches pour lutter contre les feux de brousse et les feux de forêts sont renforcés alors que chaque année, les flammes grignotent un peu plus le patrimoine naturel de Madagascar.
De juillet à novembre, mais de plus en plus tôt et de plus en tard ces dernières années, le pays fait face à un double défi : prévenir efficacement les départs de feu et intervenir rapidement lorsqu’ils surviennent. Les incendies, souvent d’origine humaine, ravagent prairies, savanes et parfois même les forêts riches en biodiversité. Rien qu’en 2024, 6,28 millions d’hectares ont été réduits en cendres, dont 98 % par des feux de brousse.
La réponse passe aujourd’hui par un renforcement inédit des moyens, alliant technologie, équipements de terrain et coopération internationale. Pour la première fois, un avion bombardier d’eau Dash-8, fruit d’un partenariat avec la France, sera mobilisé pour protéger les aires protégées dans un rayon de trois heures autour d’Antananarivo.
Capable de larguer 10 000 litres d’eau, cet appareil s’ajoute à une stratégie de surveillance par drones DJI Matrice 4T, offerts par l’Ambassade de Chine, pour détecter les incendies avant qu’ils ne s’étendent. Ces drones, dotés de caméras haute résolution, sont conçus pour cartographier, surveiller et alerter en temps réel. Une première base de ces moyens aériens est prévue à Antsiranana et une autre à Toliara dès l’année prochaine, afin de réduire le temps de réponse dans les zones les plus vulnérables.
Au sol, les équipes de Madagascar National Parks viennent elles aussi de voir leurs capacités renforcées. Le 7 août, la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) a remis 368 sacs à eau destinés à la lutte mobile contre les feux de brousse. Ces équipements seront déployés dans 16 sites prioritaires, du parc d’Ankarafantsika à la réserve de Tsaratanana. Ils complètent des dotations déjà reçues dont des citernes, motopompes et drones. Un arsenal qui, s’il ne remplace pas la vigilance humaine, offre aux agents sur le terrain des moyens concrets pour contenir les incendies avant qu’ils ne deviennent incontrôlables.
Pour le ministère de l’Environnement, ces investissements s’inscrivent dans la « Gouvernance partagée des feux », récemment validée par le Conseil des ministres. L’objectif est d’impliquer les communautés locales, les autorités, la société civile et les partenaires techniques dans une lutte qui ne peut se gagner seul. Comme rappelé par le ministre Max Andonirina Fontaine, “ce ne sont pas les équipements qui éteignent les feux”. Pour lui, la réussite dépendra autant de la technologie que de la sensibilisation et de l’application stricte des lois, appelées à être renforcées.














