“C’est l’apocalypse à Toamasina! On est confiné dans la cuisine, c’est l’unique pièce encore safe”. C’est de sa cuisine qu’un habitant de Toamasina nous raconte sa soirée cyclone par message privé avec le peu d’énergie qui reste encore sur la batterie de son téléphone dans la nuit de mardi à mercredi. Une autre de nos sources préfère éteindre son téléphone par précaution pour prévenir un éventuel “low bat” car “l’électricité a été coupée depuis ce [mardi] matin à Toamasina”.
“Le vent tente d’éventrer les portes et fenêtres et d’arracher la toiture mais ils tiennent bon”, poursuit notre première source qui rapporte que “la maison est quand même inondée”. Notre deuxième témoin, lui, confie “n’avoir jamais ressenti des vents aussi forts” alors qu’il a toujours vécu à Toamasina et raconte avoir connu Honorinina et Geralda. “Même nos portes en fer avec des persiennes sont en train de trembler”, témoigne-t-il, à l’abri dans sa villa basse tout en béton mais qui a “l’impression d’entendre des bruitages de film d’horreur avec les bruits de vent qui semblent irréels”.
De nombreux témoignages provenant de Toamasina postés sur les réseaux sociaux rapportent une nuit cauchemardesque. En fin d’après-midi, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) fait état de plusieurs maisons détruites ou décoiffées, de clôtures arrachées, d’arbres tombés. Il rapporte également une marée très haute, des rues inondées, une ville sous les eaux. “Et ce n’est que le début”, poursuit-il.
Le centre de Gezani a touché terre à 19h30 avec des vents de 180km/h et des rafales de 250km/h, mais ses impacts se sont ressentis à Toamasina et ses environs depuis mardi à midi. Un court répit était ressenti au moment du passage de l’œil mais les vents et les pluies reprenaient de plus belle une fois le cyclone passé.
Le système n’a quitté la région d’Atsinanana qu’après 1h du matin. Le bulletin des services météorologiques publié à 1h indiquait qu’à cette heure-là, Gezani se trouvait encore à Fito, commune rurale située dans le district de Toamasina II, voisine de Didy à Ambatondrazaka. Il s’est néanmoins affaibli et ses vents n’étaient plus que de 110km/h au moment où il frappait l’Alaotra-Mangoro.
Avec Gezani qui poursuit son déplacement vers l’Ouest, et qui est arrivé à Anjozorobe à 3h du matin, l’alerte devient bleue dans la région d’Atsinanana. Les habitants sont encore invités à faire preuve de prudence et de vigilance car “même si les vents se sont plus ou moins apaisés, les pluies peuvent se poursuivre et les eaux continuent encore de monter”, avertit le BNGRC. “Il est aussi tout à fait possible que des murs ou des maisons continuent de s’effondrer”, poursuit-il.














